Des Institutions financières exposées aux enjeux climatiques

Les institutions financières sont exposées à des risques – et opportunités – climatiques de transition, qui correspondent aux incertitudes sur les impacts financiers (positifs et négatifs) que subiront les acteurs économiques qu’ils financent. Les impacts varieront selon la trajectoire suivie par l’économie mondiale pour limiter les émissions de gaz à effet de serre émis dans l’atmosphère, et les modalités de mise en oeuvre de
cette trajectoire. Les acteurs financiers doivent donc progressivement déployer des méthodologies de mesure de leur exposition aux risques climatiques et de l’alignement de leurs portefeuilles sur une trajectoire compatible avec un réchauffement climatique inférieur à 2°C (« trajectoire 2°C »).

Certaines contraintes, différenciées selon les métiers, limitent actuellement la capacité des institutions financières à intégrer ces recommandations dans leurs processus opérationnels. Néanmoins, ces institutions peuvent, et devraient, analyser dès aujourd’hui leurs enjeux climatiques et commencer à mettre en place les premières briques de pilotage et de reporting de leur stratégie d’alignement sur une trajectoire 2°C. Elles seront en mesure ensuite d’intégrer plus aisément à leurs processus des indicateurs quantitatifs de risques et d’impacts financiers de la transition bas-carbone, quand de tels indicateurs seront disponibles.

Cette note présente des recommandations sur les pistes d’analyses les plus prometteuses pour différents métiers financiers selon leurs spécificités. Globalement, nous recommandons aux acteurs financiers de commencer, dès maintenant, à analyser de manière prospective leurs enjeux climatiques à partir d’indicateurs semiquantitatifs.

Deux types d’indicateurs nous paraissent particulièrement pertinents :

  • les indicateurs d’alignement sur une trajectoire 2°C : ces macro-indicateurs agrègent des indicateurs quantitatifs basés sur des données historiques, quand ceux-ci sont disponibles, et des indicateurs prospectifs qualitatifs ; ils donnent ainsi à la fois une mesure de l’exposition actuelle au risque d’entrée en vigueur d’un prix du carbone par exemple, et une analyse prospective de la résilience de l’entreprise dans une économie bas-carbone et de sa capacité à s’adapter à un contexte réglementaire et de marché en transition ;
  • les indicateurs de « parts vertes » et « parts grises » : ces indicateurs renseignent les acteurs financiers sur la part actuelle des revenus de l’entreprise qui seront, du côté « vert », favorisés, et du côté « gris », pénalisés par la transition bas-carbone. Ces indicateurs, une fois agrégés au niveau des encours, permettent à l’acteur financier de mesurer son exposition aux activités fortement exposées aux risques de transition et aux activités qui bénéficieront de la transition. Ces indicateurs ne permettent pas en tant que tels de mesurer l’ampleur des pertes potentielles en jeu, mais ils pourront être progressivement affinés en nuances de « verts » et de « gris ».