Même si les impacts du changement climatique sont déjà observés, l’investissement de ressources humaines et financières dans l’anticipation des évolutions est encore trop rarement fait. Les habitudes et pratiques héritées d’un climat considéré comme stable et maîtrisé ne sont pas interrogées, y compris à l’échelle pourtant critique du développement territorial.

On constate notamment un manque de compréhension commune entre les acteurs en mesure de proposer et de mettre en œuvre des solutions d’adaptation (entreprises et collectivités) et les financeurs sur ce que signifie contribuer positivement à l’adaptation. De nombreuses solutions technologiques ou organisationnelles existent déjà et sont même souvent testées expérimentalement dans des contextes particuliers. Cependant ceux qui les portent rencontrent des difficultés à valoriser les apports de ces solutions en l’absence d’une préférence clairement exprimée pour les actions qui contribuent à l’adaptation. De leur côté, les financeurs ont du mal à identifier des opportunités d’intervention compatibles avec leurs mandats dont la contribution à l’adaptation est éprouvée.

Objectif :

Le projet Finadapter vise à mieux comprendre cette absence d’incitation et être des catalyseurs de l’adaptation sur les territoires.

Les institutions financières publiques jouent en effet un rôle crucial dans le développement des territoires. Elles assument une mission d’intérêt général, ont un mandat et des capacités d’intervention qui leur permettent de s’inscrire dans des pas de temps longs et souvent, peuvent s’appuyer sur des ressources, qui leur permettent de porter une part de risque plus importante. Les actions qu’elles financent peuvent significativement conditionner la capacité des territoires sur lesquels elles interviennent à faire face aux conséquences du changement climatique. Ces institutions disposent de capacités d’intervention financière mais également d’expertise et d’influence auprès des acteurs publics et privés qu’elles peuvent mettre à leur service. Par leur action, elles peuvent être les moteurs de l’émergence d’une dynamique territoriale positive de projets et d’opportunités d’investissements.

Ce projet s’adresse autant aux institutions financières publiques elles-mêmes (ex. la Banque des Territoires) qu’à ceux qui leur donnent mandat et à leurs contreparties (entreprises et collectivités mais aussi co-financeurs potentiels).

Partenaires :

Projet conduit en partenariat avec TEC part of Rambol et avec le soutien de l’ADEME dans le cadre de l’Appel à projets ClimFi : Finance et Climat

Période (inc terminé) :

Automne 2019-Printemps 2021

Détail supplémentaire sur le programme de travail :

  1. Ce projet entend d’abord proposer, à partir des nombreux travaux disponibles, une définition partageable et pragmatique de ce que sont des objets finançables par ces institutions qui contribuent à l’adaptation et des moyens de qualifier la valeur en termes d’adaptation de ces objets. Plus qu’un cadre théorique, il s’agit de proposer méthodologiquement et rigoureusement un ciblage des domaines d’intervention dans l’adaptation pertinent pour les IFP. En effet, si ce travail est déjà en partie conduit pour les projets de réduction des émissions de GES, il reste encore largement à conduire pour l’adaptation : quels types d’actions, dans quels secteurs ou filières prioritaires, quels potentiels ?
  2. Il s’attachera ensuite à documenter les barrières à l’émergence d’un flux de projets finançables en étudiant notamment les obstacles “de marché” et méthodologiques rencontrés par les acteurs qui seraient en mesure de proposer des solutions (notamment entreprises, prestataires de services aux territoires, aménageurs, etc.) et de les déployer au sein de programmes de développement territoriaux cohérents (collectivités : EPCI/Régions). Là encore, si les questions initiales sont les mêmes que celles posées sur pour la transition énergétique, les besoins en termes de types de financement, mais également d’accompagnement financier et technique pourraient être différents.
  3. L’analyse sera complétée par un travail sur les mandats et modalités d’actions des IFP et des fonds publics dans le but de mettre en avant d’éventuelles recommandations sur leurs évolutions (nouveaux objectifs à définir, outils d’intervention spécifiques, etc.) pour mieux prendre en charge cet objectif et entraîner plus globalement le secteur financier. Il interrogera également comment cette thématique peut s’articuler avec l’initiative France Transitions en cours de structuration.

Les objectifs finaux sont d’aboutir à la fois à :

  • Une meilleure compréhension partageable, interopérable et opérationnalisable de ce dans quoi investir pour contribuer à l’adaptation des territoires français ;
  • Une description et une analyse solide des barrières structurelles et institutionnelles à l’émergence d’une offre de mesures d’adaptation à l’échelle des enjeux territoriaux – au-delà des projets expérimentaux ;
  • Des préconisations sur l’évolution potentielle des mandats et du rôle des IFP.