Le montant des financements destinés aux projets carbone forestier n’a jamais été aussi élevé qu’en 2015, avec 888 millions de dollars (Goldstein & Ruef, 2016). Dans la plupart des cas, il est nécessaire de disposer d’un système fiable de suivi, de notification et de vérification (SNV) de l’absorption du carbone ou des réductions d’émissions pour accéder à la plupart des paiements relatifs au carbone.

 


Après un aperçu du financement du carbone forestier, ce Point Climat présente les différentes options et difficultés liées au SNV du carbone forestier.

Il met en lumière dans un premier temps les trois choix fondamentaux auxquels sont confrontés les porteurs de projet :



  • La définition du périmètre du projet (réservoirs de carbone à prendre en compte, périmètre géographique et les fuites…),




  • Les différentes techniques et outils de suivi du carbone forestier (mesures sur le terrain, modélisation ou télédétection)




  • La définition de la référence et la démonstration de l’additionnalité.



Même si différents outils et lignes directrices sont disponibles pour aider les porteurs de projets à mettre en œuvre des mesures d’atténuation efficaces, six principales difficultés techniques et politiques ont été identifiées :



  • Le risque de non-permanence et la dette carbone : si les labels fournissent des outils (par exemple la mise en réserve des crédits ou les crédits ex-ante) pour relever ce défi, il reste délicat de trouver le juste équilibre entre intégrité environnementale et rentabilité des projets.


 

  • Le suivi des incertitudes est souvent présenté comme un obstacle à la mise en place d’une tarification du carbone dans le secteur forestier. Il est coûteux de réduire les incertitudes et l’intérêt de le faire dépend du caractère volontaire de la tarification du carbone, de l’importance de l’asymétrie de l’information et de la rentabilité des projets.


 

  • Le risque d’effets d’aubaine : l’additionnalité ne peut jamais être garantie à 100 %. Là encore, il est délicat de trouver le juste équilibre entre l’élimination des « faux positifs » (enregistrement de projets non additionnels) et des « faux négatifs » (projets additionnels exclus par le coût et les risques liés à la démonstration de l’additionnalité).


 

  • Les coûts de vérification : la vérification peut représenter jusqu’à la moitié des coûts du SNV et ne peut généralement pas être internalisée.


 

  • Faible prix du carbone : les coûts habituels du SNV pour les projets forestiers sont d’environ 0,15 à 1,4 € par tCO2e, ce qui est considérable lorsque les prix du carbone avoisinent en moyenne 3 € par tCO2e sur les marchés volontaires. Dans ce contexte, il est difficile de conjuguer certification rigoureuse et viabilité financière des projets carbone.


 

 

  • L’enjeu de la double revendication de l’action pour le climat : les garanties du Protocole de Kyoto contre le double compte entre pays ont été adaptées par certains labels carbone volontaires afin d’empêcher qu’une entité privée et un pays réclament la même réduction d’émissions. Cela a ralenti la mise en œuvre des projets dans les pays de l’Annexe I, mais plusieurs labels, notamment Gold Standard, s’orientent vers un nouveau paradigme pour les marchés volontaires du carbone.