Lors du Débat national sur la transition énergétique, ont été mis en évidence les enjeux de l’acceptabilité sociale des mesures, et notamment la problématique de la prise en compte des précaires énergétiques. Or les multiples déterminants de la précarité énergétique (prix élevé de l’énergie, mauvaise condition d’habitat, faibles ressources financières) rendent difficiles la caractérisation des ménages concernés. Plusieurs indicateurs existent, mais le critère de définition actuellement retenu, bien que contesté, est l’allocation d’au moins 10 % des revenus aux dépenses énergétiques : 3,8 millions de ménages seraient alors concernés en France et 4,7 millions au Royaume-Uni.


En France et au Royaume-Uni, le traitement de la précarité énergétique se décline en deux types d’aides publiques : un ensemble d’aides curatives liées au paiement des factures (aides au revenu, tarifs sociaux de l’énergie, aides à la solvabilisation en cas d’impayé, etc.) et des aides préventives liées à la rénovation thermique des logements.

Bien qu’elles soient souhaitables à court terme, les premières ont une efficacité limitée, notamment parce qu’elles ne sont pas assez coordonnées, lisibles et ciblées, et ne s’attaquent pas à une des sources du problème qu’est la qualité thermique du bâti. Ce dernier point est l’objet des politiques d’efficacité énergétique, via le programme Habiter Mieux de l’Agence nationale de l’habitat en France et le programme Green Deal-ECO en Angleterre, le premier ciblant les précaires énergétiques, tandis que le deuxième a une cible plus générale. Le caractère récent de ces programmes ne permet pas une analyse de leur efficacité, mais les premiers résultats soulignent l’importance d’une meilleure identification sur le terrain et d’un accompagnement des ménages, notamment pour la France qui met actuellement en place des mesures en ce sens via les guichets uniques.