Par Alexia LESEUR

Les impacts du changement climatique obligent nos sociétés à réfléchir à leur adaptation. Parmi les mesures possibles, certaines pourront être très intensives en capital. Dans le contexte économique actuel, différents montages financiers – ou des modifications d’outils financiers existants – sont a priori envisageables mais peinent à être mis en place. Cet article vise à dresser un panorama des principaux types de solutions possibles pour financer ces mesures (hors solutions classiques comme les subventions, prêts bonifiés ou non, garanties, etc.), et à identifier les principales barrières à surmonter pour les mettre en oeuvre, à partir d’une première analyse de sept exemples de projets urbains mis en place en France. Trois types d’outils de financement complémentaires innovants sont identifiés : des outils pour lever le financement initial (ex : PPP, green bonds, tiers investissement) ; des outils pour percevoir des revenus au fil du projet et rembourser l’investissement initial (taxes adaptées ou créées, les mécanismes de paiement pour service environnemental, le lien avec les quotas de CO2, etc.) ; et des outils de gestion des risques et de couverture financière en cas de réalisation de l’aléa climatique (ex : assurance, cat bonds) qui peuvent agir comme une incitation financière à l’adaptation.

Etant donné les montants en jeu et la diversité des situations, aucun outil n’apparait la panacée et toute la panoplie d’instruments financiers semble à exploiter. Pour chaque projet, la solution retenue dépendra principalement des acteurs privés et publics impliqués, qui connaissent le contexte particulier local, et qui aident au montage de projet et à la composition du financement. La demande de ces nouveaux outils, ou l’adaptation des outils existants, devrait être assez élevée pour que l’ingénierie financière les développe, à condition aussi que leur rentabilité, leur simplicité, leur accessibilité et les incitations étatiques soient suffisantes.