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L’adaptation au changement climatique est au cœur des Assises de la forêt et du bois actuellement en cours et c’est une bonne nouvelle. Vivian Dépoues d’I4CE nous rappelle qu’elle ne sera pas qu’une question d’investissement dans le renouvellement forestier. Il appelle à ne pas négliger d’autres actions, moins couteuses mais indispensables, pour aider la filière à s’adapter.

Ce que les études scientifiques montraient de plus en plus clairement depuis 10 ans est devenu manifeste avec la crise des scolytes dans le Grand Est : les forêts françaises sont vulnérables aux effets du changement climatique. Les sécheresses prolongées par exemple, fragilisent les peuplements face aux attaques sanitaires, aux incendies ou encore aux tempêtes.  Selon l’ONF, c’est 50 % de la surface forestière de France métropolitaine qui pourrait ainsi voir son aspect modifié d’ici 50 ans.  Se préparer à ces évolutions est un impératif désormais largement partagé.

La bonne nouvelle est que l’adaptation au changement climatique est au programme des Assises de la forêt lancées en octobre par le gouvernement. Elle est y est même présentée comme une condition pour que la forêt joue pleinement son rôle, notamment de stockage du carbone.

Au sein de ces discussions, il y a un consensus sur le besoin d’investir plus dans cette filière pour lui permettre de se remettre des impacts déjà subits mais aussi de s’adapter pour aborder sereinement les évolutions à venir. Après des décennies d’investissement public limité, le Plan France Relance a enclenché, avec une enveloppe initiale de 150M€, une dynamique ambitieuse de renouvellement forestier dont les suites sont à présent au centre des échanges. Il s’agit de passer d’un soutien public d’environ 20M€ par an avant la relance au maintien dans la durée d’un effort collectif de l’ordre de la centaine de millions d’euros annuels. L’estimation exacte du besoin varie mais tout le monde s’accorde sur cet ordre de grandeur, les discussions portant surtout sur les modalités d’utilisation de cet argent : Quels modes de gestion de la forêt faut-il soutenir ? Quelles essences planter ? A quel rythme ? Avec quels critères environnementaux ?

Ne pas occulter d’autres actions essentielles pour l’adaptation

Ces débats sont fondamentaux mais ils ne doivent pas occulter d’autres actions essentielles pour adapter la forêt au changement climatique. Ces autres actions sont très bien identifiées dans la Feuille de route pour l’adaptation de la forêt française co-construite par tous les acteurs de la filière et publiée en 2020 par le ministère de l’Agriculture. On peut citer le soutien à la filière graines et plants en amont des plantations pour assurer la disponibilité de matériel forestier divers ; la consolidation des réseaux de suivi de l’état des forêts, de veille sanitaire et de pilotage des crises pour une gestion adaptative des peuplements ; l’animation de l’interface entre la recherche et les gestionnaires forestiers pour accompagner ces derniers dans la compréhension des dynamiques en cours et l’adaptation de leurs pratiques (par le développement de formations, de services climatiques ou d’espaces d’échanges) ou encore le renforcement du dialogue entre les professionnels du secteur et la société civile de plus en plus engagée et inquiète des choix faits pour l’avenir de la forêt.

Loin d’être accessoires, ces mesures constituent des prérequis à des choix de gestion adaptés. Si on ne les met pas en œuvre, le premier risque est qu’une partie des investissements en forêt ne soient en réalité jamais enclenchés – parce que les propriétaires ne seront pas mobilisés, que les stratégies de gestion ne seront pas partagées par la société civile ou que les débouchés n’auront pas été structurés. Le deuxième risque est que toute ambition de bien faire les choses, d’être ambitieux dans les critères de reboisement ou de favoriser la diversification des essences et des pratiques soient inatteignables, par exemple parce que les propriétaires ne seront pas formés ou que les bonnes essences ne seront pas disponibles dans les quantités suffisantes. Une partie des centaines de millions investis en forêt le serait alors dans de la « maladaptation » : au lieu de renforcer la résilience des écosystèmes forestiers ils en augmenteraient la vulnérabilité.

Encore faut-il mobiliser les quelques millions nécessaires

Les moyens requis par ces actions sont la plupart du temps largement inférieurs aux besoins d’investissement pour le reboisement et se chiffrent plutôt en millions qu’en centaines de millions d’euros. Encore faut-il les mobiliser. A ce jour, la traduction concrète des actions énoncées dans la Feuille de route pour l’adaptation reste imprécise. Pour que les verbes « garantir » (la disponibilité) des plants ; « consolider » (les réseaux de veille) ou « renforcer » (l’animation) soient opérants, il est nécessaire que moyens financiers et humains soient effectivement fléchés vers ces actions, sur des lignes budgétaires bien identifiées, chez les différents acteurs, y compris les opérateurs publics, compétents.

Ce sont quelques millions mais les quelques millions qui feront une différence en donnant les moyens de garantir que les investissements qui seront fait par ailleurs seront effectivement alignés avec des trajectoires de développement économique de la filière forêt-bois adaptées aux changements climatiques en cours. Ces quelques millions seront la condition d’une utilisation efficace de l’argent public dans une optique d’adaptation.

Rendez-vous au premier trimestre 2022 pour découvrir l’analyse détaillée et chiffrée que conduit I4CE sur ces différents besoins de moyens pour l’adaptation de la forêt.

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