5 ans de politique climatique européenne : Quel bilan ? Quelles perspectives ?

22 mars 2024 - Édito de la semaine - Par : Julie EVAIN

Les élections européennes approchent, et avec elles la crainte d’un retour en arrière sur les politiques climatiques. Quelle que soit l’issue de ces élections, à I4CE nous continuerons à produire de l’expertise pour faire avancer les politiques climatiques en Europe. C’est ce que nous avons fait ce lundi, lors d’une conférence organisée avec l’Institut Jacques Delors et Strategic Perspectives. Autour de trois tables rondes disponibles en replay, nous avons cherché à tirer le bilan du Pacte vert et à tracer des perspectives pour la suite, avec trois questions phares : Comment faire émerger un nouveau mode de gouvernance ? Comment rendre la transition accessible à tous ? Quels besoins d’investissements et quel rôle pour le financement privé ?

 

Profitant de la présence de la Commission européenne, nous avons pu ouvrir le débat du chiffrage des besoins d’investissements pour l’Union. Bonne nouvelle, nos ordres de grandeur sont similaires : autour de 400 milliards d’euros par an pour les investissements actuels, et le besoin de doubler ces investissements climatiques pour parvenir aux 800 milliards annuels. Ce doublement exige de l’UE et des États membres qu’ils intensifient leurs efforts. Efforts à la fois en matière d’investissements publics, pour les bâtiments publics, les réseaux électriques, ou les transports ferroviaires et urbains. Mais efforts également pour mettre en œuvre les réglementations incitant le secteur financier à en faire davantage.

 

Les banques européennes ont un rôle central à jouer, pas tant en décarbonant artificiellement leurs portefeuilles qu’en se penchant concrètement sur le financement de la transition de leurs clients. C’est la raison d’être des plans de transition bancaires. Ils doivent pousser les banques à regarder ces enjeux de façon sectorielle : quelle évolution pour l’automobile et son tissu de sous-traitants, quelle évolution pour le financement de l’industrie ?

 

Le moment est venu de voir comment les investissements climatiques peuvent contribuer à la mise en œuvre réussie d’un Pacte vert européen qui approche de son cinquième anniversaire. 

 

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Pour aller plus loin
  • 16/02/2024
    Engager les banques dans la transition : le superviseur doit mieux utiliser le cadre de gestion du risque

    L’Union européenne continue ses efforts pour que le système bancaire intègre l’enjeu climat. Les banques devront désormais se munir d’un « plan de transition », dont l’Autorité Bancaire Européenne (EBA) précise les contours, par un document mis en consultation jusqu’en avril. On pourrait espérer que les autorités bancaires saisissent cette opportunité pour stimuler les banques à mieux financer la transition, leurs engagements volontaires n’étant pas suffisants. Mais l’EBA n’en fait pas un objectif clair.

  • 14/02/2024
    Clarifier le lien entre gestion des risques climatiques et financement de la transition

    Un rapport pour discuter les liens entre deux approches de l’action climatique pour le secteur financier. La mobilisation du secteur est nécessaire pour contribuer au financement de la transition bas-carbone. Certaines parties prenantes préconisent donc la mobilisation explicite du secteur en faveur du financement de la transition. Cette logique d’action est appelée « l’approche financement de la transition ».  Le secteur est également exposé aux risques financiers liés au changement climatique et à la nécessaire transition. Ce constat motive une logique d’action connue sous le nom « d’approche par les risques », visant à gérer l’exposition des institutions financières à ces risques. 

  • 26/01/2024
    Plans de transition prudentiels : l’Autorité bancaire européenne doit fixer un cap plus ambitieux

    Après près de 4 ans de négociations, l’Union européenne vient de trouver un accord pour réformer la directive sur les exigences de capital (CRD). L’intégration du climat y figure en bonne place et c’est une avancée majeure : les banques vont devoir se doter de plans de transition prudentiels, vérifiés par la Banque centrale européenne. Ces plans viendront compléter l’architecture réglementaire qui se met en place pour les grandes entreprises de l’UE, avec la directive sur le reporting de durabilité (CSRD) et le devoir de vigilance (CSDDD). Ces plans de transition prudentiels constituent-ils une percée suffisante pour enfin engager les banques vers la neutralité climat ? La réponse à cette question dépendra de la mise en œuvre de la législation européenne.  

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