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Aujourd’hui, tous les regards sont tournés vers la Banque mondiale qui est sur le point de publier son plan d’action climat 2021-2025 ; celui-ci sera en effet un indicateur du niveau d’ambition de la communauté de la finance du développement pour la COP26. Jusqu’en 2020, les plans d’action climat des banques de développement ont été structurés autour d’objectifs de financements d’activités « climat ». Cependant, dans la continuité de leurs engagements à « s’aligner avec les objectifs de l’Accord de Paris », ces institutions doivent développer des stratégies et plans d’action post 2020, qui vont plus loin en cohérence avec le niveau d’ambition des objectifs de l’Accord de Paris. Le plan d’action climat 2021-2025 de la Banque mondiale devrait donner le ton pour les stratégies et plans d’action à venir des autres banques de développement. Ce nouveau plan d’action s‘appuiera-t-il et ira-t-il au-delà de la finance climat traditionnelle ? Alice Pauthier dI4CE commente les grandes lignes de la stratégie à venir de la Banque mondiale 

Les banques de développement peuvent s’appuyer sur leurs efforts actuels en matière de finance climat pour rapidement assurer la compatibilité de toutes leurs activités avec les objectifs de l’Accord de Paris.  

Le groupe des banques multilatérales de développement (BMD) et les membres de l’International Development Finance Club (IDFC) – ainsi qu’un certain nombre d’autres institutions financières publiques et privées – ont consacré beaucoup d’efforts à la « finance climat » – soit le soutien aux activités ayant des co-bénéfices directs pour l’atténuation et l’adaptation au changement climatique. Au cours de l’année écoulée, les BMD et banques de développement ont annoncé de nouveaux objectifs, revus à la hausse, en matière de finance climat post 2020. La Banque mondiale confirme cette tendance avec son plan d’action climat 2021-2025 dans lequel elle s’engage à porter à 35 % les financements du groupe ayant des co-bénéfices climatiques. La finance climat représente une contribution majeure à la réalisation des objectifs de l’Accord de Paris et doit continuer à être une priorité d’investissement dans le cadre des approches d’alignement avec les objectifs de l’Accord de Paris. Pour cela, IDFC et les BMD peuvent s’appuyer sur leur expérience en matière de suivi et de communication de leur soutien à l’atténuation et à l’adaptation qui repose sur leurs Principes communs de suivi du financement climat. Ces efforts constituent une base solide pour la finance climat – et on espère que la mise à jour de ces principes à venir fournira des orientations supplémentaires favorables au processus d’alignement interne. 

Toutefois, lors de l’élaboration de stratégies d’alignement avec les objectifs de l’Accord de Paris, les banques de développement doivent regarder au-delà de la « finance climat » ; elles doivent également s’assurer que l’ensemble des activités de leur portefeuille n’entravent pas la réalisation des objectifs climatiques. La première exigence clé pour s’aligner avec les objectifs de l’Accord de Paris est que l’ensemble des nouveaux projets, clients et contreparties de l’institution soient déjà ou fassent des efforts crédibles pour être compatibles avec les trajectoires de développement socio-économiques nationales et internationales menant aux objectifs de l’Accord de Paris. Le plan d’action de la Banque mondiale aborde cet aspect avec l’objectif d’aligner toutes les nouvelles opérations d’ici le 1er juillet 2023 au niveau de la banque de développement et d’ici le 1er juillet 2025 au niveau du groupe. Il s’agit là d’une priorité majeure, car c’est nouveau pour les équipes internes et cela nécessitera le recours à des analyses d’alignement supplémentaires au niveau des projets – ainsi qu’au niveau des contreparties, des pays et des secteurs. Le cadre d’opérationnalisation de l’alignement avec les objectifs de l’Accord de Paris développé par NewClimate Institute et I4CE pour IDFC donne un aperçu des outils et des approches déjà disponibles pour le faire. Des travaux supplémentaires sont toutefois nécessaires pour améliorer ces méthodologies et outils et diffuser leur utilisation dans la communauté des institutions financières. L’élaboration par la Banque mondiale de diagnostics nationaux sur le climat et le développement, comme annoncé dans le plan d’action, représenterait une avancée majeure pour ces évaluations. La prochaine tâche à laquelle les banques de développement devront s’atteler sera de chercher, dans la mesure du possible, à activement soutenir l’alignement des actifs déjà au sein de leurs portefeuilles et des contreparties avec lesquelles elles travaillent sur le long terme. 

Pour maximiser la contribution des finances publiques aux objectifs climatiques, les banques de développement doivent se concentrer sur leur impact.  

Comme le montre la cible de l’alignement d’I4CE, les institutions financières « alignées » doivent chercher a minima à ne pas nuire à l’atteinte des objectifs de l’Accord de Paris, et autant que possible à soutenir les co-bénéfices climatiques et chercher à avoir un impact transformationnel. 

Compte tenu de leurs ressources limitées, les banques de développement doivent chercher à avoir un rôle de « catalyseur » et à être « transformationnelles » (1).  Un rapport de la Banque mondiale de 2020 a noté que « même si tous les financements des banques multilatérales de développement (BMD) étaient consacrés à la décarbonisation et à la résilience, ils ne répondraient qu’à moins de 4 % des besoins de financement pour une transformation [des économies et sociétés] complète ». Les institutions publiques doivent donc donner la priorité aux activités ayant un « impact transformationnel » qui réduisent les barrières à l’investissement et mobilisent les finances publiques en faveur des changements structurels et à grande échelle nécessaires à la transition des systèmes économiques, sociaux et naturels.  

Concrètement, cela nécessitera dans un premier temps que les institutions ne se contentent pas de mesurer le montant et le volume des financements alloués à la transition, mais qu’elles mesurent également l’impact de leurs opérations. En ce sens, les BMD et les membres d’IDFC travaillent actuellement au développement d’outils et de méthodologies pour évaluer l’impact de leurs projets, en particulier pour l’adaptation, qui est plus spécifique au contexte local que l’atténuation et nécessite des méthodologies spécifiques.  

Dans un second temps, les banques de développement devront analyser et prioriser leurs activités – et pas uniquement leurs activités de finance de projet – en fonction de l’impact additonnel qu’elles peuvent avoir en tant qu’institution publique. À cet égard, la deuxième priorité du plan d’action climat de la Banque mondiale « prioriser les ressources pour l’impact », est un signal majeur envoyé à la communauté de la finance du développement. Ceci n’est toutefois qu’un début ; si les outils et les actions figurant dans l’ébauche du plan d’action du Groupe Banque Mondiale mettent l’accent sur l’impact plutôt que sur le volume, d’autres changements significatifs, présentés dans le rapport 2020 de la Banque mondiale elle-même, seront nécessaires pour que ces institutions soient « transformationnelles ». 

(1) La finance climat transformationnelle est définie par la Banque mondiale comme un financement climat ayant « des effets d’entraînement positifs au-delà des limites du projet, afin de remédier aux obstacles systémiques au développement vert et d’entrainer des flux financiers supplémentaires au-delà des fonds publics ». Source 

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