Label bas carbone : un nouvel outil au service des acteurs des territoires qui innovent pour le climat

29 novembre 2018 - Billet d'analyse - Par : Claudine FOUCHEROT

Jeudi 29 novembre, à l’occasion de la conférence organisée par I4CE et le collectif transpartisan de députés « Accélérons la transition écologique et solidaire », la secrétaire d’état à la transition écologique et solidaire Brune Poirson a annoncé la sortie officielle du label bas carbone. Grâce à ce label, les acteurs des territoires qui innovent pour le climat, et en particulier les acteurs de l’agriculture et de la forêt, pourront quantifier et certifier leurs réductions d’émissions de gaz à effet de serre et les valoriser économiquement.

 

 

Le décret créant le label bas carbone et l’arrêté définissant le référentiel du Label ont été publiés au Journal Officiel ce jour.

 

I4CE est très heureux de la sortie du label bas-carbone, fruit d’une étroite collaboration avec la Direction Générale de l’Energie et du Climat et de nombreux partenaires dans le cadre du projet VOCAL. Nous souhaitons notamment remercier le CNPF, le GIP massif central, l’idele et le CNIEL pour la forte implication dans la construction de cet outil et pour le développement des premières méthodes agricoles et forestières qui devraient être validée début 2019. Ainsi que l’ADEME, Climate-KIC et le fonds européen FEDER pour leur soutien financier.

 

Le label bas carbone constitue le cadre méthodologique national qui va permettre la quantification et la certification des réductions d’émissions et absorptions issues de projets au sein des territoires. Il sera ainsi un outil d’appui à la mise en œuvre des politiques publiques climatiques et notamment de la Stratégie Nationale Bas-Carbone.

 

La création de cet outil n’est que la première étape et il s’agira maintenant d’en faciliter l’accès à tous les acteurs désireux de monter des projets d’atténuation avec de réels impacts environnementaux et à tous les acteurs, privés comme publics, désireux de contribuer à l’effort collectif en finançant ces projets.

 

Les enjeux auxquels nous allons faire face sont de deux ordres :

  • Développer des méthodes pragmatiques permettant une estimation des réductions d’émissions la plus précise possible à des coûts supportables. La recherche académique et le développement d’outils tels que la télédétection, les objets connectés, ou encore la blockchain pourraient apporter des solutions sur ce point.
  • Elargir les sources de financement pour ces projets d’atténuation. Ce Label a initialement été conçu pour la compensation carbone. Mais un tel cadre de certification carbone pourrait également permettre de flécher des financements privés comme public vers des projets ayant un réel impact.

 

I4CE continuera à apporter son expertise pour rendre ce cadre de certification le plus utile possible à la transition écologique.

 

I4CE souhaite par ailleurs développer un réseau européen de la certification carbone afin de faciliter le partage d’expérience.

Contacts I4CE
Claudine FOUCHEROT
Claudine FOUCHEROT
Directrice du programme Agriculture et forêt Email
Pour aller plus loin
  • 13/01/2023
    Agenda climat 2023 : il n’y a jamais eu de meilleur moment pour agir

    2022 a été une année mouvementée sur le plan du climat. L’année a vu l’émergence d’un nouveau concept, celui de la polycrise : guerre en Ukraine, suites du Covid, retour de l’inflation, crise du gaz, pénuries agricoles, sécheresses persistantes et autres événements climatiques.  Toutes ces crises ont pointé in fine notre dépendance directe et indirecte aux énergies fossiles ; nos fragilités face à un climat qui change ; et la vulnérabilité de nos économies et des classes moyennes et modestes.

  • 02/12/2022
    La certification carbone européenne doit être exigeante… et attractive

    Comment différentier les projets qui permettent vraiment de stocker du carbone, des projets qui prétendent seulement le faire ? Question compliquée quand on s’intéresse à des projets dans l’agriculture et la forêt, pour lesquels la quantification du carbone stocké est complexe et se heurte au risque de non-permanence, et pour lesquels il faut aussi prendre en compte les autres défis environnementaux à commencer par la préservation de la biodiversité. Une question compliquée donc, mais une question qui nécessite une réponse ! Des acteurs privés et des pouvoirs publics veulent s’assurer que les projets agricoles et forestiers qu’ils financent au nom du climat ont un réel bénéfice environnemental.

  • 01/12/2022 Billet d'analyse
    Certification carbone : la Commission propose un cadre exigeant qui devra aussi être incitatif

    On y voit désormais plus clair sur le futur cadre de certification carbone européen, grâce à la proposition que la Commission vient de rendre publique. Cette proposition donne un cadre, de grands principes directeurs, et les détails seront précisés dès 2023 avec l’appui d’un groupe d’experts. Si le diable se cache dans les détails, le cadrage n’en est pas moins important. Claudine Foucherot d’[i4ce] l’a analysé et identifié quatre points sur lesquels il faudra être vigilant. De manière générale, on peut dire que la Commission fait une proposition ambitieuse qui présente cependant un risque : ne pas être suffisamment incitative pour permettre un déploiement massif des projets. 

Voir toutes les publications
Contact Presse Amélie FRITZ Responsable communication et relations presse Email
Inscrivez-vous à notre liste de diffusion :
Je m'inscris !
Inscrivez-vous à notre newsletter
Une fois par semaine, recevez toute l’information de l’économie pour le climat.
Je m'inscris !
Fermer