Maintenir le cap : un système de quotas d’émission (ETS) renforcé est essentiel à la compétitivité industrielle
Depuis 2005, le système ETS (ou système d’échange de quotas d’émission) est la pierre angulaire de la politique climatique européenne. Avec un prix par tonne de CO2 qui commence à se stabiliser entre 60 et 80 euros et la réduction progressive des quotas gratuits, la révision du système prévue en 2026 devrait être l’occasion de réfléchir à ses performances et de les améliorer, alors que l’UE poursuit ses efforts en faveur de la neutralité climatique.
Comme l’ont fait valoir notre président Jean PISANI-FERRY et notre directeur général Benoit LEGUET dans Les Echos, faire marche arrière maintenant compromettrait les progrès de l’Europe vers une industrie décarbonée. Le Panorama des investissements climatiques d’I4CE montre qu’en France, 4 milliards d’euros supplémentaires d’investissements annuels dans la décarbonisation sont nécessaires d’ici 2030, ce qui serait plus difficile à réaliser si les ambitions étaient revues à la baisse.
En effet, le débat cette année à Bruxelles et dans les capitales nationales devrait se concentrer sur le renforcement, et non l’affaiblissement, de l’ETS. Les recettes sont essentielles non seulement pour soutenir les investissements nationaux dans la décarbonisation de l’industrie aujourd’hui, mais aussi pour soutenir les mécanismes européens qui développent les innovations climatiques nécessaires pour demain, tels que le Fonds européen pour l’innovation et la future Banque pour la décarbonisation industrielle. Si nous faisons marche arrière sur le système de quotas d’émission, ces fonds importants en pâtiront.
Surtout, il est contre-productif de s’enliser dans des négociations sur un plafonnement des prix. Cela compromettrait le modèle économique de l’industrie décarbonée, nuirait à la crédibilité des objectifs climatiques de l’Europe et mettrait en péril notre leadership climatique, alors même que la tarification du carbone prend de l’ampleur à l’échelle mondiale.
Face à une nouvelle vague de réactions négatives à l’encontre de l’ETS, il est important de rappeler que le chaos ne favorise pas la compétitivité. L’Europe doit rester ferme et renforcer l’ETS afin de construire une industrie verte innovante et de premier plan au niveau mondial.
