Sortie des énergies fossiles : vers un rôle plus important pour les Banques de développement

8 mars 2024 - Édito de la semaine - Par : Sarah BENDAHOU

Il y a quelques mois, la COP28 appelait à accélérer les efforts  « pour la réduction progressive de la production d’électricité à base de charbon ». Limiter la hausse des températures à 1.5°C nécessite d’arrêter la construction de nouvelles centrales à charbon, c’est évident. Mais il faut aussi fermer les centrales existantes avant leur fin de vie, ce qui peut être plus difficile. Les banques publiques de développement (BPD) doivent contribuer à lever les barrières à la sortie du charbon et accompagner les pays dans leur transition vers des systèmes d’électricité décarbonés. Ces banques sont de plus en plus nombreuses à élaborer des stratégies pour accélérer la fermeture des centrales à charbon. Cependant, ces efforts peuvent présenter des risques. 

 

Avec NewClimate Institute, nous avons passé en revue les instruments auxquels les BPD peuvent recourir pour aider au retrait anticipé des centrales à charbon dans les pays en développement. Nous avons aussi analysé les défis et risques associés à ces instruments. Pour permettre des réductions d’émissions durables, les BPD doivent d’abord chercher à obtenir des engagements fermes à sortir du charbon et des énergies fossiles de la part des gouvernements et d’autres parties prenantes. Ces banques peuvent alors intervenir de différentes manières auprès des décideurs et les producteurs d’énergie pour aider à sortir du charbon. Mais peu importe le défi, elles doivent veiller à ne pas utiliser leurs ressources publiques limitées pour un faible impact de décarbonation. 

 

Les BPD ont un rôle important à jouer pour accompagner la transition énergétique des pays, en proposant par exemple de l’assistance technique, du conseil ou du financement sous différentes formes. Toutefois, la transition pour sortir du charbon, avec ses potentielles conséquences sur l’accès à l’énergie, les moyens de subsistance des communautés locales et les impacts sociaux et économiques plus larges, est un enjeu parmi d’autres dans la crise complexe qui lie climat et développement. Les BPD doivent se saisir plus fermement des questions qui ont un double impact sur le climat et le développement, comme le demande la communauté internationale. I4CE va continuer à travailler sur l’intégration des considérations liées au climat dans la prise de décision des BPD, pour qu’elles contribuent de façon significative aux trajectoires de développement à faible émission et résilientes au changement climatique des pays. 

 

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