Financer les changements de pratiques dans les secteurs agricoles et forestiers au niveau européen : ne pas sous-estimer les défis
Dans un contexte économique et politique difficile, en particulier pour le secteur agricole, et à l’heure où les contraintes réglementaires et fiscales sont remises en cause, certains dispositifs incitatifs peuvent néanmoins contribuer à fédérer les acteurs dans des démarches de transition et de résilience. C’est par exemple le cas des démarches de certification carbone, qui permettent à la fois d’assurer la crédibilité de l’impact climatique des actions mises en œuvre, mais également la rémunération des agriculteurs et forestiers pour les changements de pratiques. Certaines d’entre elles, comme le remplacement d’engrais minéraux (majoritairement importés) par des engrais organiques, contribuent également à répondre aux besoins de résilience et d’indépendance stratégique du secteur, cruciales dans le contexte actuel.
Les projets bas-carbone sont en plein déploiement en Europe : en France, le Label Bas-Carbone fête ses 6 ans, et I4CE vient d’en faire un premier bilan. À l’échelle européenne, le CRCF (Carbon Removals and Carbon Farming) est en cours de développement par la Commission Européenne et devrait devenir opérationnel en 2026. Néanmoins, si le volet offre se structure, le point d’achoppement reste la question des financements. C’est là-dessus que le LBC est en difficulté aujourd’hui, notamment pour les projets agricoles, qui cumulent les problèmes d’accès aux financements. Or, ces freins ne sont pas propres à la France et pourraient demain se matérialiser au niveau européen. Si la Commission Européenne s’attaque à ce défi, les pistes envisagées reposent pour l’instant principalement sur des financements privés volontaires : qui seront indispensables mais très probablement insuffisants.
C’est pourquoi I4CE souhaite contribuer aux réflexions permettant de garantir un financement pérenne et adapté pour le carbon farming au niveau européen : en analysant et partageant le bilan et les retours d’expérience du Label Bas Carbone, notamment via le groupe d’expert du CRCF et différents projets de recherche européen, et en développant de nouveaux travaux pour contribuer à la structuration d’une demande crédible, qui associe financements publics et privés, y compris issus de l’aval de la chaîne de valeur agricole.
