« L’Europe doit renforcer son système de quotas carbone, pas l’affaiblir ; c’est le meilleur service qu’elle puisse rendre à son industrie »
En Europe, plusieurs voix émanant des États membres – dont celle du chancelier Merz – ou de l’industrie appellent à affaiblir les règles du système de quotas de CO2. Pour Benoît LEGUET et Jean PISANI-FERRY, cela serait une erreur pour l’Europe et pour la France.
Le système de quotas échangeables de CO2 (ETS par son acronyme anglais) impose depuis 2005 un plafond d’émissions à l’industrie européenne. Cette politique publique est unique par sa taille – elle couvre 40 % des émissions de gaz à effet de serre de l’Union, notamment le secteur électrique, les industriels énergo-intensifs, et les vols intra-européens – et par ses modalités d’application : les quotas sont échangeables et après une période de rodage, les prix se sont stabilisés, atteignant 60 à 80 euros la tonne de CO2 en 2025.
L’ETS a permis, par une diminution progressive du volume de quotas, de réduire les émissions de près de moitié en vingt ans. A ces niveaux de prix, il a en parallèle stimulé l’innovation chez les industriels.
