Financer l’adaptation requiert des choix politiques clairs… aussi au niveau européen

La consultation publique relative au « cadre intégré sur la résilience climatique et la gestion des risques » vient de se clôturer et la proposition enrichie de la Commission européenne  devrait être présentée d’ici la fin de l’année.  

 

L’un des axes principaux sera la question du financement de l’adaptation avec un premier enjeu essentiel pour généraliser le principe de resilience by design (version européenne de notre « réflexe adaptation ») dans tous les financements européens en cours de discussion y compris ceux de politiques structurelles comme la politique agricole commune ou le mécanisme pour l’interconnexion en Europe. 

 

Mais s’il faudra bien investir mieux, il faudra aussi investir plus – au niveau européen comme dans chaque État membre – pour garantir la résilience climatique, composante clé de la sécurité des européens et de l’économie du continent.

 

Encore faut-il savoir combien et dans quoi. La difficulté ne tient pas au manque d’analyses mais à l’absence de décisions claires sur les choix d’adaptation à tous les niveaux de gouvernement. Quel niveau de risque est-on prêt à considérer ? Et surtout quelles réponses souhaite-t-on privilégier : quelles activités cherche-t-on à maintenir coûte que coûte, que sommes-nous prêts à transformer ?  

 

Nos travaux en France ont déjà montré que l’adoption d’une trajectoire de référence – aujourd’hui envisagée à l’échelle européenne – donne une base solide pour clarifier la question du risque à considérer. Les réponses à privilégier doivent quant à elles faire l’objet d’un travail politique secteur par secteur, territoire par territoire. Il s’agit de bien comprendre ses dépendances, de faire des choix stratégiques cohérents en termes d’aménagement, d’équipements, de technologies, de solidarités. 

 

Le suivi fin que l’on peut faire des dépenses qui contribuent à l’adaptation montre que se préparer à un climat qui change a de nombreux cobénéfices : c’est aussi éprouver de nouvelles technologies, contribuer à assurer la souveraineté de filières essentielles, renforcer la robustesse des infrastructures critiques, faire des paris de développement agricoles, touristiques, industriels qui pourront se révéler gagnants.

 

Bien comprendre ces gains collectifs et la manière dont ils se distribuent est une question essentielle pour composer les modèles économiques qui permettront de se donner les moyens nécessaires pour relever ce défi. Nous dressons le même constat lorsque nous nous interrogeons sur les conditions de financement de l’adaptation dans les pays en développement. C’est un sujet qui est au cœur du programme de travail d’I4CE  au niveau français, en Europe, comme à l’international en 2026. 

 

 

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