Accélérer les investissements pour une Europe bas-carbone et indépendante sur le plan énergétique

Pour la deuxième fois sur cette décennie, l’Europe fait face à une forte hausse des prix des énergies fossiles. Fatih Birol, le directeur exécutif de l’AIE, a qualifié la crise actuelle comme étant « plus grande menace pour la sécurité énergétique mondiale de l’histoire ».

 

Une fois de plus, la flambée des prix du pétrole pèse sur le pouvoir d’achat des ménages, fragilise la compétitivité industrielle et met en lumière la dépendance structurelle de l’UE aux énergies fossiles importées. Dans ce contexte, accélérer les investissements dans la transition bas-carbone n’est plus seulement un impératif environnemental, c’est une nécessité économique et stratégique. 

 

La dernière édition de l’Etat des lieux des investissements climat en Europe d’I4CE montre que l’Europe avance, mais pas assez vite. Après une forte hausse, consécutive à la crise énergétique de 2022, les investissements dans la transition bas-carbone ont stagné. Ils ont atteint 534 milliards d’euros en 2025, bien en deçà des 878 milliards d’euros nécessaires chaque année pour atteindre les objectifs 2030 de l’UE. Les besoins d’investissement non couverts ne disparaissent pas pour autant. Ils s’accumulent, creusant le déficit et alourdissant la facture pour les générations futures. Les premiers signaux de 2026 laissent penser que la nouvelle crise énergétique pourrait à nouveau accélérer les investissements. Maintenir cette dynamique exigera une planification sur le long terme. 

 

L’Europe ne peut se permettre d’investir qu’en période de crise. La situation actuelle appelle à des mesures immédiates pour protéger les ménages et les entreprises, mais également à des initiatives structurelles pour mieux faire face aux crises futures. L’UE et ses États Membres disposent d’outils concrets : poursuivre et financer les plans d’électrification à l’échelle européenne et nationale, faire de la transition bas-carbone une priorité du prochain budget pluriannuel de l’UE, maintenir les ambitions du règlement sur les standards d’émissions CO2 pour les voitures et les vans, et veiller à ce que la prochaine révision du système européen d’échange de quotas d’émission renforce les investissements dans la décarbonation industrielle. Ces leviers doivent avant tout envoyer des signaux clairs et stables aux investisseurs, entreprises et citoyens prêts à s’engager en faveur d’une Europe indépendante sur le plan énergétique et engagée dans la décarbonation de son économie. 

 

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