Été caniculaire, hiver budgétaire : les collectivités à l’heure des choix
Au moins 5 milliards d’euros, probablement plus : c’est le montant de la contribution au redressement des finances publiques demandée aux collectivités à l’ouverture des discussions sur le budget 2027. Un effort qui sera sûrement très discuté cet automne, dans son volume comme dans sa répartition. Avec à la clef, une amputation plus ou moins importante de la capacité à investir des collectivités, y compris pour le climat.
Selon nos derniers chiffres, les élus locaux tiennent pourtant le cap en matière de décarbonation. Leurs investissements s’établissent à 8,6 milliards d’euros en 2024, une augmentation de 59 % en 10 ans, et de 10 % depuis 2023. Dans le détail des secteurs concernés, l’évolution est contrastée : l’accélération de 2024 a concerné presque exclusivement les transports collectifs, qu’il s’agisse des matériels roulant TER, portés par les régions, ou des transports collectifs urbains, portés par les communes et intercommunalités. A contrario, les investissements dans la rénovation énergétique des bâtiments et l’électrification des véhicules ont stagné. Et ils ont diminué de moitié dans les aménagements cyclables.
2025, première année de ponction sur la dynamique des recettes locales dans le cadre du redressement des finances publiques, envoie des signaux plus mitigés selon nos premières données provisoires. Une tendance préoccupante alors que les factures énergétiques explosent, pour les finances publiques comme pour les ménages.
Agir pour le climat reste indispensable. Du côté de l’Etat, il s’agit de soutenir et d’orienter les efforts des collectivités, en préservant la capacité de toutes à investir, d’une part, et en renforçant les enveloppes qui envoient les bons signaux sur les priorités climatiques, d’autre part. Le tout accompagné de visibilité dans la durée. Du côté des collectivités, il s’agit, notamment en début de mandat municipal, de construire des programmations pluriannuelles à hauteur de l’urgence climatique et de mobiliser l’ensemble de leurs leviers de financement. Collectivement, Etat et collectivités doivent désormais concilier impératif budgétaire et accélération de l’action climatique locale. Nous explorons à ce titre plusieurs pistes dans un nouveau billet, entre priorisation de l’argent public et mobilisation accrue des financements privés. Plus que jamais, le national et le local doivent faire front commun.
