Chaud devant !
La France a chaud. Très chaud. Pour la deuxième fois de l’année, et nous ne sommes que fin juin. Agriculture et élevage fortement touchés, logements invivables, transports en souffrance, infrastructures énergétiques défaillantes, salles de cours ou d’examen inutilisables, écoles fermées, activités sportives ou manifestations culturelles annulées, horaires aménagés… personne ne peut dire qu’il n’a pas été impacté dans son activité professionnelle et sa vie quotidienne.
Alors qu’on dispose aujourd’hui de tout ce qu’il faudrait sur le plan technique, administratif, scientifique pour mettre l’adaptation en pratique, du PNACC à la TRACC… la vague de chaleur, toujours en cours, a donné du côté politique une image très nette d’absence d’anticipation. D’impréparation. D’inaction. D’improvisation. De bricolage. Que ce soit du côté de l’exécutif, qui s’est rapidement retrouvé sur le banc des accusés après la première vague de chaleur, fin mai. Mais aussi du côté des exécutifs locaux, qui a défaut d’avoir toujours les moyens ont des leviers importants pour anticiper, agir et adapter nos territoires.
Beaucoup de critiques se sont concentrées sur les rabotages successifs que le Fonds vert, créé il y a quatre ans, a subi à chaque loi de finances. Ce Fonds ne peut pourtant pas être le seul thermomètre de l’action gouvernementale en matière d’adaptation au changement climatique. D’abord car il ne finance pas principalement des actions ciblées sur l’adaptation, mais une pluralité d’objectifs environnementaux ; ensuite car les actions d’adaptation des collectivités ne sont pas financées principalement via le Fonds vert, mais par les dotations et ressources propres non fléchées ; et enfin l’action de l’État en matière d’adaptation ne passe pas principalement par le Fonds vert, mais par une grande variété d’enveloppes d’importance au moins égale.
Aujourd’hui, c’est la gestion de crise. Demain, il va falloir au niveau national comme à chaque échelon local faire un retour d’expérience sur ce qui a été appris, nolens volens : ce qu’on a pu conserver ; ce qui a dû être aménagé ; ce qui a été défaillant. Comprendre quelles ont été les actions et décisions efficientes, et celles à ne pas reproduire. Et intégrer dans chacun des processus de décisions publiques – et privées – le fait que le climat a déjà changé, et qu’il va continuer à le faire. Dans quelques années, la deuxième canicule de 2026 sera peut-être la norme. Mais des réponses bricolées dans l’urgence ne pourront plus être la norme.

