Budget et transition écologique : navigation à vue

28 février 2024 - Tribune - Par : Benoît LEGUET

Dès ce mois de février, la transition écologique fait les frais des coupes dans le budget 2024. C’est le retour à la navigation à vue sur le financement de la transition. Pour Benoît Leguet, éviter des coupes budgétaires récurrentes impose de mettre en débat l’efficacité des dispositifs de financement de la transition.

 

Le 18 février, Bruno Le Maire a fait savoir qu’il y aurait des annulations de crédit de 10 milliards d’euros pour 2024. Des coupes budgétaires, moins de deux mois après l’adoption de la loi de finances initiale pour 2024 ! La transition écologique se trouve – à son corps défendant – très bien représentée dans les économies annoncées.

 

Un quart des économies porte sur des programmes qui financent majoritairement des dépenses favorables à l’environnement. Ces programmes, le plus souvent pilotés par le ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, ne représentent pourtant que 2 % des crédits votés initialement.

 

On peut s’inquiéter de l’impact délétère de cette instabilité budgétaire sur les investissements des ménages, des collectivités, et des entreprises. Mais ces coupes révèlent surtout l’absence de consensus sur l’efficacité des mécanismes de financement de la transition écologique. Ces derniers sont critiqués, remis en cause, pour de mauvaises ou d’excellentes raisons : ils constituent donc des victimes idéales pour les coups de rabot quand ils sont nécessaires. Or, si ces dispositifs font systématiquement les frais des coupes budgétaires, la France fera au mieux une transition en stop and go, vraisemblablement plus coûteuse… et plus certainement pas de transition.

 

Lire la chronique sur Les Échos

Contacts I4CE
Benoît LEGUET
Benoît LEGUET
Directeur général Email
Pour aller plus loin
  • 26/02/2026
    Mobiliser des financements pour l’adaptation au changement climatique : comment les coûts de financement amplifient les besoins et les moyens pour y répondre dans les pays en développement

    Les besoins de financement pour l’adaptation dans les marchés émergents et les économies en développement (EMDEs) augmentent rapidement, mais les estimations financières actuelles sous-estiment systématiquement l’ampleur du défi. Ce rapport appelle à un changement d’approche, passant de chiffres globaux de besoins d’investissement à des stratégies financières intégrant pleinement les enjeux liés au coût du capital, en combinant des financements concessionnels, la mobilisation des revenus et des réformes structurelles afin de débloquer des investissements durables et croissants dans l’adaptation au changement climatique dans les EMDEs.

  • 20/02/2026
    Pour une véritable souveraineté agricole et alimentaire, une planification des investissements est incontournable 

    Les secteurs agricoles et alimentaires traversent une importante crise de leur balance commerciale. En 2025, les importations nettes ont atteint des niveaux particulièrement élevés, et inédits parfois depuis plusieurs décennies. Pour corriger le tir, des conférences de la souveraineté alimentaire seront organisées en 2026, et des premières annonces sont attendues au Salon international de l’agriculture qui s’ouvre demain à Paris. Si l’intention est largement compréhensible, les réponses apportées risquent d’être les mêmes que ces deux dernières années : lever les contraintes à la production, pour produire plus de tout (productions animales et végétales), afin de récupérer des parts de marché. Est-ce réaliste ?

  • 19/02/2026
    Quels outils de production pour des secteurs agricoles et alimentaires français résilients et durables ? Quels besoins d’investissements ? Quels actifs échoués ?

    Les choix d’investissements des secteurs agricoles et alimentaires des années à venir sont déterminants. Pour pérenniser leurs productions et faire face aux crises, les secteurs agricoles et alimentaires français doivent évoluer vers des systèmes plus résilients et durables. L’enjeu est d’autant plus crucial que différentes vagues d’investissements sont en cours ou à venir dans ces secteurs. Dans cette étude, I4CE a estimé qu’environ 100 milliards d’euros d’outils de production agricoles et alimentaires sont affectés par la transition. Une coordination et une planification des investissements semblent incontournables, notamment pour en limiter les coûts.

Voir toutes les publications
Contact Presse Amélie FRITZ Responsable communication et relations presse Email
Inscrivez-vous à notre liste de diffusion :
Je m'inscris !
Inscrivez-vous à notre newsletter
Une fois par semaine, recevez toute l’information de l’économie pour le climat.
Je m'inscris !
Fermer