Par Olivier GLOAGUEN et Emilie ALBEROLA Il est régulièrement affirmé que le ralentissement économique débuté en 2008 explique largement la baisse des émissions de carbone observée en Europe depuis la mise en place du système européen d’échange de quotas de CO2(EU ETS). La Commission européenne l’établit d’ailleurs très clairement dans son premier rapport sur l’état de fonctionnement de l’EU ETS de novembre 2012. A l’aide d’une analyse économétrique par rapport à un scénario de référence proposé, il est montré qu’entre 2005 et 2011, quelques 1,1 GtCO2 de réductions auraient été évitées dans le périmètre des 11 000 installations couvertes par l’EU ETS : environ 500 Mt des réductions d’émissions de CO2 résulteraient du développement des énergies renouvelables et entre 100 et 200 Mt de l’amélioration de l’intensité énergétique de l’économie. Ces développements sont notamment influencés par les politiques du paquet énergie-climat de 2020 pour l’atteinte des objectifs de 20 % d’énergie renouvelable et de 20 % d’amélioration de l’efficacité énergétique. La crise économique a joué un rôle significatif mais pas prépondérant dans la baisse des émissions de CO2, rôle estimé à 300 Mt. Des effets de substitution par le prix entre le charbon et le gaz semblent avoir également affecté les émissions, pour environ 200 Mt L’étude ne permet pas de déceler un impact du prix du carbone. Il est cependant important de souligner que la crise économique et le déploiement des énergies renouvelables sont à l’origine de la baisse de ce prix du CO2, rendant justement son influence marginale pour des réductions d’émissions de CO2 dans les installations couvertes au sein de l’UE.