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La réponse européenne à l’Inflation Reduction Act américain

10 février 2023 - Édito de la semaine - Par : Thomas PELLERIN-CARLIN

Depuis l’adoption par les États-Unis de l’Inflation Reduction Act, l’UE craint de voir les usines de fabrication de batteries, de panneaux solaires, et plus généralement de technologies propres, s’installer aux États-Unis plutôt que sur son sol. Cette crainte n’est pas infondée : l’IRA fournit un financement public conséquent, avec une prévisibilité sur 10 ans et la simplicité d’un régime fédéral unique. Et il ne subventionne pas uniquement la fabrication de technologies propres. Dans le cas des véhicules électriques par exemple, il soutient l’extraction des minéraux critiques, la fabrication de la batterie, l’achat de la voiture électrique et la production d’électricité renouvelable. Les États-Unis disposent d’un véritable plan de long terme d’investissement pour le climat.

 

Il y a l’IRA certes, il y a aussi le plan quinquennal chinois ou encore le programme japonais de transformation verte à 20 000 milliards de yens. Soyons clairs : voir les puissances mondiales se doter de tels plans d’investissement est une excellente nouvelle pour le climat. Et la réponse logique pour l’UE devrait être de se doter elle aussi d’un plan d’investissement de long terme. C’est ce que nous défendons dans la note qu’I4CE publie aujourd’hui et que vous découvrirez dans cette newsletter. Néanmoins, comme il y a aujourd’hui peu d’appétit politique en Europe pour une telle discussion, nous recommandons à la Commission européenne de commencer par la proposition d’un plan européen d’investissement qui se concentre sur le passage à l’échelle et la fabrication en Europe de technologies propres clés. Un plan qui, entre autres, devrait mobiliser les marchés publics et des programmes de soutien à l’échelle de l’UE.

 

Le Conseil européen d’aujourd’hui est l’occasion pour les chefs d’État et de gouvernement d’apporter à un soutien à un plan d’investissement dans les technologies propres, et d’aider ainsi la Commission à concevoir sa loi sur l’industrie net-zéro prévue pour mars 2023. Mais, aussi nécessaire soit-il, ce plan ne doit être qu’une étape. L’UE devra répondre à tous les besoins d’investissement climat si elle veut que les objectifs du Green Deal deviennent une réalité tangible pour les entreprises, les travailleurs et les familles.

 

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  • 12/12/2025 Billet d'analyse
    Paris +10 : l’action climat plus que jamais nécessaire pour assurer notre sécurité, notre souveraineté, notre compétitivité, et la soutenabilité de nos finances publiques

    Qu’il semble loin, le 12 décembre 2015. Toutes les délégations à la COP21 se rangeaient alors derrière le petit marteau vert (en bois jurassien) de Laurent Fabius. Dix ans plus tard, la mode est plutôt au backlash.  La lutte contre le changement climatique peut désormais être décrite dans le débat public comme trop coûteuse car nécessitant des investissements conséquents. Inefficace, la part de nos émissions dans les émissions mondiales étant faible. Injuste, car venant amputer le pouvoir d’achat. Trop clivante, et voulue par une partie de l’électorat uniquement. Trop tardive, maintenir la planète sous +2°C de réchauffement semblant désormais hors de portée. Autant d’arguments qui sont pour partie vrais. Mais nécessitent pour autant d’être fortement nuancés. 

  • 05/12/2025
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    Il y a deux ans, la France mettait un coup d’accélérateur en faveur de la voiture électrique. Le Président de la République et le gouvernement inauguraient plusieurs « gigafactories », ces grandes usines de production de batteries, dans les Hauts-de-France. Avec le soutien financier de l’État, les constructeurs automobiles français et les spécialistes de l’industrie des batteries s’associaient pour créer la « vallée des batteries ». Avec une ambition : produire en France 2 millions de véhicules électriques d’ici 2030. 

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