Publications Financement public Europe

À mi-chemin vers 2030, l’Europe doit stimuler les investissements climat

6 juin 2025 - Édito de la semaine - Par : Clara CALIPEL

Dans un contexte géopolitique en mutation, l’Europe dispose d’une opportunité unique de conjuguer action climatique et compétitivité industrielle. Comme l’a souligné Mario Draghi dans son rapport sur la compétitivité européenne, cet objectif ne pourra être atteint que si les ambitions de décarbonation s’accompagnent d’un véritable sursaut d’investissement. La Commission européenne s’est inscrite dans cette dynamique en s’engageant à devenir une « Commission de l’investissement », tout en réaffirmant sa détermination à respecter les objectifs de réduction des émissions pour 2030 et à maintenir le cap vers la neutralité climatique à long terme. 

 

Mais l’Europe est-elle en bonne voie pour tenir ses objectifs 2030 ? Cette deuxième édition de notre rapport sur l’État des lieux des investissements climat en Europe propose un tour d’horizon des investissements dans la transition climatique. Des progrès ont été réalisés, mais l’écart reste important. En 2023, les investissements climat dans l’UE ont atteint 498 milliards d’euros, loin des 842 milliards nécessaires chaque année pour respecter les objectifs de 2030, laissant un déficit de 344 milliards d’euros.

 

Et les premières projections pour 2024 ne sont guère encourageantes : les investissements dans des secteurs clés comme l’éolien, la rénovation des bâtiments ou les véhicules électriques pourraient même reculer. Les investissements dans la production de technologies propres progressent, mais les capacités de production européennes peinent à répondre à la demande, mettant en péril le développement de nombreux projets. Sans stratégie d’investissement adaptée, les politiques climat ne produiront pas les résultats escomptés, et reporter les mesures ne fera qu’en augmenter le coût.

 

Les négociations à venir sur le prochain budget de l’UE constituent une opportunité d’engager un débat plus large sur une stratégie européenne de financement climat de long terme. Les plans nationaux énergie-climat (PNECs) pourraient aussi jouer un rôle clé : jugés récemment globalement alignés avec les objectifs européens 2030 par la Commission européenne, ils pourraient évoluer vers de véritables plans d’investissement nationaux. Ce rapport entend nourrir ces débats avec une analyse indépendante des investissements climat en Europe.
 

 

Lire la newsletter

Contacts I4CE
Clara CALIPEL
Clara CALIPEL
Chercheuse – Investissements climat européens Email
Pour aller plus loin
  • 13/02/2026
    Réussir la transition à l’échelle locale, c’est aussi choisir ce que l’on ne financera plus

    Alors que la loi de finances pour 2026, après celle de 2025, souffle le froid sur les finances locales, de nombreuses collectivités abordent le prochain mandat dans un contexte budgétaire particulièrement contraint et incertain. Elles demeurent pourtant en première ligne de la transition bas-carbone et devront continuer à investir massivement pour transformer les mobilités ou rénover les bâtiments publics. Dans ce cadre, la réduction de leurs investissements « bruns » apparaît comme un levier central pour dégager des économies et financer leurs investissements climat. 

  • 13/02/2026
    Moins de brun, plus de vert : la nécessaire redirection des dépenses locales

    Les collectivités devraient investir près de 19 milliards d’euros par an à horizon 2030 pour atteindre les objectifs de neutralité carbone, soit plus du double des investissements climat qu’elles réalisent actuellement. Dans un contexte de contrainte budgétaire, le levier de la redirection apparaît comme un levier de financement essentiel pour accélérer les investissements climat des collectivités. Cette publication analyse de manière approfondie le potentiel de la redirection des dépenses défavorables comme levier de financement de la transition bas-carbone.

  • 06/02/2026 Billet d'analyse
    Budget 2026 : un moteur des investissements climat toujours en sous-régime

    La loi de finances 2026 pouvait-elle relancer la dynamique des investissements climat ? En juillet dernier, nous formulions quatre recommandations pour y parvenir. Après sept mois de marathon budgétaire, notre billet de la semaine dresse le bilan en chiffres du nouveau budget.

    Le résultat parait bien décevant : nouveau coup de froid sur les finances locales, beaucoup de dépenses qui tiennent peu compte du climat, et des signaux en faveur de l’investissement privé quelque peu atténués. Quant aux soutiens publics à l’investissement climat, qui ont fait leurs preuves, ils s’érodent dans le budget et dépendent de plus en plus de moyens extrabudgétaires. Surtout, nous prévoyons qu’ils seront consommés sans atteindre ni l’ampleur de l’action nécessaire, ni même répondre à toutes les opportunités immédiates.

    Pour sortir de l’hiver, il faudra trouver d’autres moteurs d’investissement. Ce sera l’enjeu de la prochaine génération d’exécutifs locaux, du réflexe climat à généraliser pour chaque dépense structurante, ou encore d’un prochain plan d’électrification tirant parti d’une ressource nationale et bas-carbone devenue abondante.

Voir toutes les publications
Contact Presse Amélie FRITZ Responsable communication et relations presse Email
Inscrivez-vous à notre liste de diffusion :
Je m'inscris !
Inscrivez-vous à notre newsletter
Une fois par semaine, recevez toute l’information de l’économie pour le climat.
Je m'inscris !
Fermer