Politique industrielle verte : construire le marché, pas seulement les usines

Cinq ans après le lancement de France 2030, les résultats sont là : des gigafactories dans la « Vallée de la Batterie », la décision finale d’investissement d’ArcelorMittal pour un four à arc électrique à Dunkerque, un pipeline de carburants durables pour l’aviation qui se constitue. Mais subventionner des projets ne suffit plus. Sans débouchés sécurisés et sans cadre européen coordonné, les filières vertes françaises et européennes risquent de caler avant d’atteindre la taille critique. Deux nouvelles publications d’I4CE tracent les prochaines étapes pour maintenir l’élan.

 

 

Dans sa chronique mensuelle dans Les Échos, le directeur général d’I4CE Benoît Leguet plaide pour que la politique industrielle française bascule résolument du soutien à l’offre vers le pilotage par la demande. Le constat est sans appel : les gigafactories ont été construites avant que les chaînes d’approvisionnement en intrants critiques ne soient sécurisées, et aucun projet de carburant durable n’a encore franchi le cap de la décision finale d’investissement, faute de contrats d’achat de long terme avec les compagnies aériennes. Les outils existent, mais restent sous-utilisés : critères environnementaux et de contenu local dans la commande publique, contrats de long terme pour sécuriser les débouchés, standards pour aligner les achats privés sur la stratégie industrielle. 

 

 

Certains des leviers les plus puissants passent par Bruxelles autant que par Bercy – et l’Industrial Accelerator Act comme la conception du prochain budget européen sont précisément les cadres que la France doit contribuer à façonner. 

 

 

Ce budget est au cœur d’un billet de Ciarán Humphreys et Elena Schneider, chercheurs spécialisés dans les cleantechs, en réaction au projet de rapport de la commission ITRE du Parlement européen sur le Fonds européen pour la compétitivité. Le Conseil consultatif économique et technologique proposé constitue un pas en avant, et une résurgence de certaines ambitions initiales de l’outil de coordination pour la compétitivité – mais sans observatoire public des données ni coordination réelle avec les États membres, 234 milliards d’euros ne suffiront pas à aligner vingt-sept stratégies industrielles nationales. 

 

À Paris comme à Bruxelles, le constat s’impose : la politique industrielle verte ne manque plus ni de plans ni d’ambition politique. Ce qu’il faut désormais, c’est la discipline et la coordination nécessaires pour orienter dans la même direction la demande, les investissements et des intérêts nationaux disparates – vers une base industrielle décarbonée et compétitive. 

 

 

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