Publications

Interactions entre le système européen d’échange de quotas et les politiques complémentaires énergétiques

1 janvier 1970 - Hors série - Par : Sylvain CAIL / Andrea BLANCO TORO

I4CE – Institute for Climate Economics et Enerdata publient un article dans la Revue de l’Energie N° 628, de novembre-décembre 2015.

Le système européen d’échange de quotas d’émissions de CO2 (European Union Emissions Trading Scheme ou EU ETS)  fait actuellement, après trois phases de fonctionnement depuis 2005, l’objet d’une réforme destinée, au-delà de l’objectif de réduction de -43 % par rapport à 2005, à inscrire cette politique dans le paquet énergie-climat 2030. Celui inclut un objectif contraignant portant la part des énergies renouvelables à 27 % de la consommation finale brute européenne, assorti d’un objectif indicatif de 27 % d’amélioration de l’efficacité énergétique.

Le but de cet article est d’analyser les possibles interactions existant entre les objectifs de renouvelables, d’efficacité et de réduction des émissions, ainsi que leurs conséquences sur le marché des permis d’émissions. L’analyse porte à la fois sur l’historique (phases II et III de l’EU ETS) en déterminant l’impact sur le surplus de permis, et sur les projections à l’horizon 2030 (phase IV) via l’utilisation du modèle POLES. Enfin, des recommandations sont formulées afin de maîtriser les interactions entre l’ETS européen et les politiques « énergie » et « climat » complémentaires, dans le but d’améliorer l’efficacité économique du paquet énergie-climat 2030.

  • Un objectif unique de réduction des émissions peut permettre l’atteinte de l’objectif de décarbonisation de -40% des émissions de GES en 2030 à moindre coût. La combinaison de différents objectifs climat-énergie tels que le déploiement des énergies renouvelables et l’amélioration de l’efficacité énergétique à l’horizon 2030 peut avoir des conséquences importantes sur le coût de la transition vers une économie à faible intensité carbone.
  • Toutefois, les instruments complémentaires sont nécessaires en raison d’un large éventail de barrières qui empêchent d’exploiter le potentiel de décarbonisation à moindre coût, à court et à long terme. Par exemple, les prix du carbone ne sont pas toujours en mesure d’encourager l’innovation et la diffusion de technologies propres.
  • L’impact de l’ensemble des instruments sur le prix du carbone devrait être toutefois évaluée avec soin et justifiée de manière transparente et complète. D’après les leçons du paquet énergie-climat 2020 qui indiquent que les politiques d’efficacité et les crédits carbones issus des méanismes de projet Kyoto ont représenté plus de la moitié de l’excédent, la définition du plafond d’émissions de l’EU ETS devrait tenir compte de l’effet de ces politiques sur les réductions d’émissions dans le périmètre de l’EU ETS.
  • Une certaine souplesse est nécessaire dans l’offre de quotas pour améliorer la résilience de l’EU ETS. Le juste équilibre doit être trouvé entre l’amélioration de la prévisibilité à long terme de manière à accroître la confiance des investisseurs, et l’augmentation de la flexibilité pour une plus grande stabilisation. La réserve de stabilité du marché a été adoptée, et sa capacité à améliorer la confiance des investisseurs doit être soigneusement analysée.

Retrouvez l’article sur le site de la Revue de l’Energie (uniquement en anglais)

Interactions entre le système européen d’échange de quotas et les politiques complémentaires énergétiques Télécharger
Pour aller plus loin
  • 28/02/2024 Tribune
    Budget et transition écologique : navigation à vue

    Dès ce mois de février, la transition écologique fait les frais des coupes dans le budget 2024. C’est le retour à la navigation à vue sur le financement de la transition. Pour Benoît Leguet, éviter des coupes budgétaires récurrentes impose de mettre en débat l’efficacité des dispositifs de financement de la transition.

  • 23/02/2024
    L’Union européenne doit doubler ses investissements climat

    Cette semaine, I4CE lance le premier rapport sur le déficit d’investissement climat européen. Au cours d’une année de recherche, nous avons analysé les investissements dans 22 secteurs de l’économie européenne (UE-27) qui sont essentiels pour que l’Union européenne atteigne ses objectifs climatiques et de sécurité énergétique à l’horizon 2030. Nos résultats montrent que le Green Deal européen prend de l’ampleur sur le plan économique, les investissements dans ces 22 secteurs dans l’UE ayant augmenté de 9 % en 2022, pour atteindre 407 milliards d’euros cette année-là. Cependant, pour atteindre les objectifs de l’UE pour 2030, l’économie européenne devrait investir 813 milliards d’euros en moyenne, chaque année d’ici à 2030.

  • 21/02/2024
    Déficit d’investissement climat européen : Une trajectoire d’investissement pour l’avenir de l’Europe

    Les investissements climats ont augmenté de 9 % dans l’Union européenne en 2022. Ce rapport constate que le Green Deal européen prend de l’ampleur sur le plan économique, mais que les investissements dans la modernisation du secteur de l’énergie, des transports et des bâtiments doivent encore doubler pour que l’UE atteigne les objectifs climatiques de 2030. 

Voir toutes les publications
Contact Presse Amélie FRITZ Responsable communication et relations presse Email
Inscrivez-vous à notre liste de diffusion :
Je m'inscris !
Inscrivez-vous à notre newsletter
Une fois par semaine, recevez toute l’information de l’économie pour le climat.
Je m'inscris !
Fermer