Risque climatique physique : les besoins des investisseurs

12 mars 2019 - Point Climat - Par : Romain HUBERT / Julie EVAIN / Karianne DE BRUIN / Christa CLAPP / Miriam STACKPOLE DAHL / Jaclyn BOLT

Le 14 Janvier 2019, le géant énergéticien PG&E se déclare en faillite suite aux feux de forêt californiens. C’est à ce jour le cas le plus frappant des impacts climatiques sur les entreprises et leurs parties prenantes financières, matérialisant ce qu’on appelle aussi le « risque climatique physique ». Alors que la gestion du risque est l’empreinte même des métiers financiers, encore très peu d’institutions financières se mettent en mesure de détecter les potentiels « PG&E » dans leurs portefeuilles.

 

Que faut-il aux institutions financières pour prendre la mesure des risques climatiques physiques dans leurs portefeuilles ?

 

I4CE et les partenaires du projet européen ClimINVEST sont allés à la rencontre des investisseurs en France, aux Pays-Bas et en Norvège et synthétisent leurs besoins dans ce rapport « Physical climate risk : Investor needs and information gaps ». Le rapport reprend également les conclusions d’I4CE sur les méthodes d’analyse du risque climatique physique développées par les fournisseurs de service (pour plus de détails sur ces méthodes, voir le rapport dédié ici).

Fonds de pension, assureurs, gestionnaires d’actifs et banquiers ont manifesté un besoin d’information sur trois grands aspects du processus de décision dans le risque :

1. Sensibilisation aux risques : il existe un fort besoin d’information de base et d’avis scientifiques sur ces enjeux ;

2. Analyse des risques : les investisseurs ont besoin d’instruments pour comprendre et évaluer les impacts climatiques sur des secteurs, marchés et zones spécifiques;

3. Gestion des risques : pour engager un dialogue constructif sur l’intégration de ce risque avec les entreprises, les investisseurs ont besoin d’un guide de discussion.

Le rapport fournit une analyse des besoins détaillée pour chaque pays (France, Pays-Bas et Norvège).

Les besoins des investisseurs synthétisés dans ce rapport mettent en avant l’intérêt d’efforts conjoints entre acteurs financiers et scientifiques du climat pour améliorer l’information climatique pour l’analyse et la gestion des risques.

 

ClimINVEST collabore avec les investisseurs pour remplir leurs besoins

 

ClimINVEST se poursuit: les partenaires du projet collaborent actuellement avec des institutions financières en France, aux Pays-Bas et en Norvège dans une série d’ateliers. L’objectif est de co-construire des informations et méthodologies transparentes, mises à disposition publiquement, qui s’appuient sur des données en accès libre. En continuité des conclusions de ce nouveau rapport, les premiers ateliers se focaliseront sur :

– Les crédits aux PME en France ;

– L’environnement bâti aux Pays-Bas ;

– Les inondations et événements extrêmes en Norvège.

Plus d’informations sur le site du projet ClimINVEST

 

Risque climatique physique : les besoins des investisseurs Télécharger
Contacts I4CE
Romain HUBERT
Romain HUBERT
Chercheur – Risques climat, Acteurs financiers et adaptation Email
Julie EVAIN
Julie EVAIN
Chercheuse – Règlementation financière, Plans de transition prudentiels Email
Pour aller plus loin
  • 09/02/2024 Tribune
    Climat : les institutions financières publiques, en première ligne de la transformation du système financier

    2 400 milliards de dollars par an. Ce montant qui fait tourner la tête est celui que nous devons collectivement réussir à mobiliser jusqu’en 2030 pour financer la transition climatique dans les pays du Sud, hors Chine. Une part importante de ce financement devra provenir de ressources domestiques : environ la moitié pourrait ainsi être mobilisée par l’amélioration des recettes fiscales nationales ou le recours aux marchés nationaux de capitaux. Le reste proviendrait de sources internationales, publiques et privées.

  • 01/12/2023
    COP28: It’s money time !

    La COP28 de Dubaï s’ouvre dans un contexte climatique inquiétant. Pour la première fois, le seuil d’augmentation de la température de 2°C par rapport à l’ère préindustrielle a été dépassé sur une journée, et un rapport publié par l’ONU cette semaine nous alerte sur le fait que les politiques actuelles placent la planète sur une trajectoire de réchauffement de 2,9°C, et que les chances de maintenir l’augmentation à +1.5°C ne sont plus que de 14%. Les résultats du premier Global Stocktake, le bilan mondial de l’action des pays depuis l’Accord de Paris, seront publiés à la COP et devraient confirmer l’urgence d’infléchir les trajectoires d’émissions de gaz à effet de serre.

  • 29/11/2023 Billet d'analyse
    Finance climat : multiplier les chiffres ne suffit pas à résoudre l’équation

    Une grande partie des discussions de la COP28 portera sur l’objectif de 100 milliards de dollars par an décidé à Copenhague pour soutenir les investissements climatiques dans les pays du Sud, et sur le nouvel objectif de financement du climat destiné à le remplacer. Cependant, tout en gardant les yeux rivés sur les volumes mis sur la table, nous devons également nous pencher davantage sur l’impact de chaque dollar dépensé. Il est essentiel d’identifier et d’exploiter la valeur ajoutée de chaque acteur économique afin d’éviter les chevauchements et de maximiser les synergies. Trois types d’acteurs ont un rôle central à jouer dans le changement de paradigme : les gouvernements, les institutions financières publiques et les institutions financières privées.

Voir toutes les publications
Contact Presse Amélie FRITZ Responsable communication et relations presse Email
Inscrivez-vous à notre liste de diffusion :
Je m'inscris !
Inscrivez-vous à notre newsletter
Une fois par semaine, recevez toute l’information de l’économie pour le climat.
Je m'inscris !
Fermer