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Renforcer les scénarios stratégiques prospectifs dans le secteur privé

20 décembre 2024 - Étude Climat - Par : Emmanuelle TRICHET

Rapport uniquement disponible en anglais


Scénarios sectoriels d’atténuation du changement climatique pour l’élaboration de stratégies et l’évaluation de l’alignement par les acteurs économiques :
Situation actuelle et perspectives d’avenir pour une meilleure prise en compte de la nature et plus de résilience

Tous les secteurs sont confrontés à des pressions croissantes pour transformer leurs modèles économiques face à de multiples enjeux (soutenabilité, domination technologique, contrôle des ressources naturelles, etc.), tout en renforçant leur compétitivité et leur résilience.

 

2024 est la première année à dépasser 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels (CCCS 2024) ; les pertes liées aux catastrophes naturelles dans le monde, principalement dues à des évènements météorologiques sont en tendance en augmentation (Munich Re 2024). L’Europe n’est pas épargnée, avec un réchauffement deux fois plus rapide que la moyenne mondiale et des coûts importants liés aux récents événements météorologiques extrêmes (CCCS et OMM 2024, AEE 2023).

 

Dans ce contexte, les acteurs économiques devraient davantage tirer parti des dernières avancées scientifiques concernant les questions climatiques et les contraintes en matière de ressources naturelles afin d’évaluer les risques et les opportunités, en vue d’élaborer des politiques renforçant innovation, résilience et compétitivité des modèles d’affaires.

 

Jusqu’à présent, les efforts collectifs se sont principalement concentrés sur l’atténuation du changement climatique. L’Accord de Paris fixe des objectifs visant à limiter l’augmentation des températures moyennes mondiales, à plafonner les émissions de gaz à effet de serre (GES) et à atteindre des émissions nettes nulles dans la seconde moitié du siècle. Les scénarios sectoriels d’atténuation du changement climatique conformes à cet accord sont essentiels car ils encouragent les transformations des modèles d’affaires au niveau des actifs financiers, des entreprises et des secteurs ; les acteurs économiques les utilisent afin de fixer des objectifs et des mesures intermédiaires qui transforment les objectifs de température et les réductions d’émissions de GES en étapes politiques et d’élaborer des plans stratégiques en conséquence.

 

Ce rapport donne aux décideurs un aperçu de la réflexion actuelle sur ces scénarios qui incitent à transformer les modèles économiques de secteurs d’activité, les pistes d’amélioration et les actions ciblées vers une économie durable. Il recommande aux acteurs économiques et aux concepteurs de scénarios d’explorer les opportunités plus larges, qui découlent d’une plus grande cohérence entre leurs approches afférentes au climat et à la nature, en vue de d’accroître résilience et co-bénéfices :

 

1. Pour parvenir à une économie durable, il est essentiel d’améliorer l’interopérabilité des cadres généraux fondés sur la science (Accord de Paris, Cadre mondial de la biodiversité parallèlement aux Objectifs de développement durable) par le biais de liens entre la nature et le climat dans les politiques et leur mise en œuvre ; l’objectif est de mieux définir la stratégie autour d’objectifs cohérents et qui se renforcent mutuellement.

 

2. Plus de critères et hypothèses devraient être pris en considération pour évaluer la cohérence des scénarios d’atténuation du changement climatique avec l’Accord de Paris, dans une perspective de résilience des écosystèmes terrestres.

 

3. Il serait également nécessaire de mieux comprendre la manière dont la nature est prise en compte dans ces scenarios.

 

4. En outre, face à des futurs complexes et incertains, les scénarios d’atténuation du changement climatique devraient être complétés par un plus grand nombre d’options stratégiques, afin d’assurer compétitivité et résilience dans les futurs scénarios possibles.

 

5. Les concepteurs de scénarios devraient également étendre la couverture sectorielle et géographique et la granularité des scénarios.

 

6. Les efforts des acteurs économiques devraient se concentrer sur le renforcement de leurs analyses stratégiques prospectives, en donnant la priorité aux nouveaux modèles économiques circulaires, dans les limites planétaires, à des fins de plus grande autonomie stratégique, résilience et compétitivité.

 

7. Enfin, les concepteurs de scénarios devraient améliorer encore la transparence et la comparabilité des scénarios.

 

La transition est une question complexe, mais l’intégration de la dynamique climat-nature dans les stratégies permettrait aux acteurs économiques d’être mieux placés pour faire face à l’incertitude et créer de la valeur sur le long terme. 

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Emmanuelle TRICHET
Directrice de programme – Transition, résilience et innovation des entreprises Email
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