Vers des économies résilientes : du progrès à la transformation

25 septembre 2026 - Édito de la semaine - Par : Diana CÁRDENAS MONAR

Combien de chocs faudra-t-il encore avant que nous adaptions enfin la manière dont nous finançons et organisons nos économies aux défis auxquels nous sommes confrontés ?

Le changement climatique est déjà en train de bouleverser les réalités économiques, comme en témoignent les effets observés des canicules, des sécheresses, des inondations et des feux de forêt sur les communautés, les infrastructures et l’activité économique dans toutes les régions du monde. Dans le même temps, notre dépendance persistante aux combustibles fossiles expose nos économies à la volatilité des prix de l’énergie et aux tensions géopolitiques. L’urgence est évidente : ce que nous finançons aujourd’hui doit réduire, et non aggraver, les vulnérabilités auxquelles nous sommes confrontés. Aligner les flux financiers sur un développement bas-carbone, résilient et durable est une priorité qui ne peut plus être remise à plus tard.

 

Mais comment identifier les progrès qui ont été réalisés, les lacunes qui subsistent encore et les pratiques permettant d’accélérer la transformation de nos économies ? Après presque deux ans de travail avec la Frankfurt School of Finance and Management et des partenaires locaux dans les économies du G20, nous avons lancé le cadre d’analyse « Sustainable Finance Progress » (SFP). Testé au Brésil, en France, en Allemagne, en Indonésie et en Afrique du Sud, le SFP propose une approche intégrée unique qui rassemble ce que les approches existantes suivent souvent séparément : les engagements, la mise en œuvre des politiques publiques et leurs effets sur les flux financiers, tout en identifiant les pratiques susceptibles de favoriser les progrès dans tous les pays. Parallèlement, nos nouveaux travaux menés avec le World Resources Institute (WRI) sur la finance transformationnelle explorent comment les banques publiques de développement peuvent aller au-delà des projets individuels pour s’attaquer aux obstacles systémiques et créer les conditions d’un changement plus large.

 

Les ministères des Finances comptent parmi les acteurs clés disposant des outils et des leviers nécessaires pour contribuer à cette transformation. C’est pourquoi nous avons également concentré nos efforts sur la co-création d’espaces leur permettant de partager leurs expériences et d’apprendre en direct les uns des autres. Au début du mois, nous avons uni nos forces à celles de partenaires stratégiques pour soutenir la 2e Rencontre interrégionale des ministères des Finances pour le climat, qui a réuni des représentants d’Afrique, d’Amérique latine et des Caraïbes à Salvador de Bahia, au Brésil. Pendant trois jours, ils ont partagé leurs expériences concrètes en ce qui concerne la gestion des risques budgétaires liés au climat, le renforcement de la résilience budgétaire et financière, ainsi que la résolution des défis de gouvernance. Il n’existe pas de modèle unique, mais des données plus robustes, une utilisation plus efficace des outils financiers et un apprentissage renforcé entre les pays peuvent contribuer à faire progresser la transition vers des économies plus résilientes et durables.

 

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    La consultation publique relative au « cadre intégré sur la résilience climatique et la gestion des risques » vient de se clôturer et la proposition enrichie de la Commission européenne  devrait être présentée d’ici la fin de l’année.  L’un des axes principaux sera la question du financement de l’adaptation avec un premier enjeu essentiel pour généraliser le principe de resilience by design (version européenne de notre « réflexe adaptation ») dans tous les financements européens en cours de discussion y compris ceux de politiques structurelles comme la politique agricole commune ou le mécanisme pour l’interconnexion en Europe. 

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    Qu’il semble loin, le 12 décembre 2015. Toutes les délégations à la COP21 se rangeaient alors derrière le petit marteau vert (en bois jurassien) de Laurent Fabius. Dix ans plus tard, la mode est plutôt au backlash.  La lutte contre le changement climatique peut désormais être décrite dans le débat public comme trop coûteuse car nécessitant des investissements conséquents. Inefficace, la part de nos émissions dans les émissions mondiales étant faible. Injuste, car venant amputer le pouvoir d’achat. Trop clivante, et voulue par une partie de l’électorat uniquement. Trop tardive, maintenir la planète sous +2°C de réchauffement semblant désormais hors de portée. Autant d’arguments qui sont pour partie vrais. Mais nécessitent pour autant d’être fortement nuancés. 

  • 11/12/2025 Billet d'analyse
    Le financement climatique à la COP30 : progrès, écueils, défis et perspectives d’avenir

    Il y a quelques semaines, la COP30 s’est achevée à Belém avec l’accord de toutes les parties sur une « mobilisation mondiale » (ou mutirão) contre le changement climatique, prouvant que le multilatéralisme reste une voie viable pour permettre l’action, malgré de forts vents contraires géopolitiques et économiques. Cependant, Belém a donné des résultats décevants : aucune feuille de route pour la transition vers l’abandon des combustibles fossiles, malgré une forte pression de plus de 80 pays, pas de décisions concrètes sur la déforestation, ce qui est décevant pour une « COP amazonienne », et des résultats mitigés sur l’objectif mondial en matière d’adaptation, entre autres. 

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