Climat : l’économie française doit se préparer à +4°C

29 août 2023 - Tribune - Par : Benoît LEGUET

Après un été qui a encore vu tomber des records climatiques, la question se pose de la résilience des activités économiques et des investissements dans un climat qui change. La France doit rapidement adopter une trajectoire de réchauffement de référence pour inciter les acteurs publics comme privés à anticiper et prévenir les risques.

 

Après un mois de juin 2023 parmi les plus chauds jamais enregistrés en France, l’été a été clément pour la plupart des Français. Nous n’avons pas eu, sur l’ensemble du territoire, de redite de l’été 2022. Mais l’Europe et le reste du monde ont vécu un tout autre été, avec des températures record dans nombre de pays ; les mois de juin et de juillet les plus chauds jamais enregistrés à l’échelle mondiale ; des incendies en Grèce, au Canada, à Ténérife et à Hawaï ; des inondations en Chine.

 

L’épisode de canicule de fin août sur la moitié sud de la France constitue une piqûre de rappel. Il va falloir réduire drastiquement les émissions mondiales de gaz à effet de serre pour diminuer les impacts du changement climatique à venir. Et dans le même temps, adapter les infrastructures, les bâtiments, les activités industrielles et agricoles, en France et en Europe, à un climat qui a déjà changé, et va continuer à changer.

 

Les acteurs économiques – pouvoirs publics, entreprises, ménages – doivent donc s’adapter… mais à quoi ? Nous ne connaissons en effet pas exactement le niveau de réchauffement à venir, celui-ci dépendant encore de nos émissions futures, mais aussi de celles de nos voisins.

 

Prendre des décisions qui à défaut d’être optimisées sont robustes nécessite d’évaluer les conséquences et les risques pour différents futurs climatiques possibles. Et d’intégrer ces informations dans la prise de décision, notamment pour les décisions d’investissement dans les actifs à longue durée de vie qui seront nécessairement impactés par l’évolution du climat.

 

S’adapter mais à quoi ?

C’est la seule façon d’éviter de dépenser de l’argent public ou privé dans des objets inadaptés à des climats possibles dans le futur : bâtiments faisant fi du confort d’été ; infrastructures sur ou sous-dimensionnées face au risque d’inondation ; ou encore activités industrielles ou agricoles nécessitant de l’eau dans une zone où elle pourrait manquer.

 

 

Lire la chronique sur Les Échos

Pour aller plus loin
  • 27/02/2026
    Financer l’adaptation requiert des choix politiques clairs… aussi au niveau européen

    La consultation publique relative au « cadre intégré sur la résilience climatique et la gestion des risques » vient de se clôturer et la proposition enrichie de la Commission européenne  devrait être présentée d’ici la fin de l’année.  L’un des axes principaux sera la question du financement de l’adaptation avec un premier enjeu essentiel pour généraliser le principe de resilience by design (version européenne de notre « réflexe adaptation ») dans tous les financements européens en cours de discussion y compris ceux de politiques structurelles comme la politique agricole commune ou le mécanisme pour l’interconnexion en Europe. 

  • 26/02/2026
    Mobiliser des financements pour l’adaptation au changement climatique : comment les coûts de financement amplifient les besoins et les moyens pour y répondre dans les pays en développement

    Les besoins de financement pour l’adaptation dans les marchés émergents et les économies en développement (EMDEs) augmentent rapidement, mais les estimations financières actuelles sous-estiment systématiquement l’ampleur du défi. Ce rapport appelle à un changement d’approche, passant de chiffres globaux de besoins d’investissement à des stratégies financières intégrant pleinement les enjeux liés au coût du capital, en combinant des financements concessionnels, la mobilisation des revenus et des réformes structurelles afin de débloquer des investissements durables et croissants dans l’adaptation au changement climatique dans les EMDEs.

  • 31/10/2025
    La Paris Climate & Nature week, avec une touche de « budget vert »

    Dix ans après l’Accord de Paris, nous étions fiers de contribuer à la première édition de la Paris Climate & Nature Week organisée par SciencesPo. I4CE est intervenu sur ses sujets de prédilection, pour tracer les perspectives nécessaires à l’accélération de la transformation : leçons à tirer d’une décennie d’action climatique ; climat et aide au développement ; ou encore adaptation au changement climatique et coût de l’inaction.  

Voir toutes les publications
Contact Presse Amélie FRITZ Responsable communication et relations presse Email
Inscrivez-vous à notre liste de diffusion :
Je m'inscris !
Inscrivez-vous à notre newsletter
Une fois par semaine, recevez toute l’information de l’économie pour le climat.
Je m'inscris !
Fermer