La COP23 qui s’est tenue du 6 au 18 novembre dernier à Bonn en Allemagne se devait de démontrer que le processus de gouvernance inédit mis en place avec l’Accord de Paris sur le climat permettait bien, malgré les chocs politiques, de maintenir les conditions nécessaires à une transition bas-carbone ambitieuse.

On pouvait avoir trois attentes:

  1. tester la robustesse du cadre multilatéral installé avec la COP21

  2. avancer suffisamment dans la définition des mécanismes qui opérationnalisent l’Accord de Paris dès 2018

  3. préparer le “dialogue de facilitation” et la mise en place des conditions d’un relèvement de l’ambition


Dans un contexte d’urgence climatique, cette COP a permis de confirmer l’attachement de la communauté internationale à l’Accord de Paris, de maintenir la confiance dans le processus de négociations avec quelques avancées notables, et de mettre en lumière les initiatives coopératives de l’Agenda de l’Action. Cet Agenda de l’Action est un processus en expansion, qui se consolide et évolue de manière autonome, s’étendant au-delà de la sphère des négociations climatiques internationales auprès d’une diversité d’acteurs qui ont fait leurs les objectifs climatiques. Si la Présidence fidjienne de la COP23 a relevé le défi de l’entretien d’une dynamique constructive, la question cruciale mais non moins délicate de l’ambition n’en a pas moins été reposée à Bonn.

L’ouverture du dialogue de Talanoa conserve l’espoir d’avancées concrètes dans les prochains mois. Le chemin reste néanmoins semé d’importantes incertitudes, par exemple sur la question du financement ou les mécanismes de coopération.

Tous les regards se tournent donc vers 2018, qui devra être l’année d’un engagement politique renouvelé de la part des Etats.