Alors que la France doit s’adapter aux conséquences inéluctables du dérèglement climatique, il est nécessaire de suivre les moyens financiers que l’État y consacre. Mais comme l’a fait remarquer la Délégation à la prospective du Sénat en 2019, la question du financement de l’adaptation se caractérise par un flou sur le niveau des besoins et sur les montants alloués. Dans ces conditions, il est difficile pour les parlementaires comme pour l’exécutif de piloter l’action de la France en la matière, et pour l’ensemble des parties prenantes de participer à un débat public informé.  La publication en septembre de cette année par le gouvernement de son « Budget vert », c’est-à-dire de son Rapport sur l’impact environnemental du budget de l’État, marque un tournant. L’administration a identifié l’ensemble des dépenses du budget 2021 qui concourent à six objectifs environnementaux dont l’adaptation. Qu’en retenir ? Quels sont les enjeux que les décideurs publics et plus généralement les parties prenantes soucieuses de la résilience climatique de la France doivent avoir à l’esprit quand ils examinent le budget de l’État ? Dans ce Point Climat, I4CE fait une analyse critique du traitement de l’adaptation dans le « Budget vert » de la France, et relève trois défis pour sa prise en compte dans les futurs débats budgétaires : •  la préservation des capacités d’action des principaux opérateurs publics de l’adaptation ; •  la meilleure prise en compte de l’adaptation dans certaines politiques mobilisant des budgets importants ; •  l’apparition de nouveaux postes de dépenses pour l’adaptation.