L’intégration des risques climatiques dans les pratiques de gestion financière n’est pas une chose aisée. En effet, comme le montre cette note à partir de l’exemple des activités bancaires, les caractéristiques intrinsèques de ces risques – de long terme, non probabilisables et sans historiques – sont souvent difficilement compatibles avec les processus standards qui reposent sur des probabilités établies à partir du passé. Pourtant, l’incertitude ne peut pas être un prétexte à l’inaction. Le cadre de la théorie de la décision en univers incertain fournit en effet des approches et des outils alternatifs permettant de décider malgré les incertitudes. Bien que développés dans des contextes différents des activités financières, nous défendons que ce qui sous-tend ces approches – et notamment l’importance accordée aux critères d’adaptabilité et de robustesse des choix de gestion – pourrait être mobilisé par les acteurs financiers. Nous proposons des pistes de discussions en ce sens, concernant à la fois la stratégie et la régulation bancaires.

La première partie de la présente note rappelle ce que sont les risques de transition et les risques climatiques physiques et les trois principales sources d’incertitude qui leur sont associées. Nous revenons ensuite sur les processus standard de gestion des risques par les établissements bancaires avant de montrer pourquoi il est particulièrement compliqué d’y intégrer les risques climatiques. Puis, nous passons en revue plusieurs outils d’aide à la décision utilisés dans d’autres secteurs. Enfin, en conclusion, nous suggérons des pistes pour adapter ces outils au secteur de la finance.

Ce document a vocation à servir de base d’échange entre des praticiens de la gestion des risques du secteur bancaire, le régulateur mais aussi des opérateurs et chercheurs ayant déjà appliqué des approches exploratoires dans d’autres domaines. Il nous semble essentiel de discuter des conditions à réunir pour rendre de telles évolutions possibles, en s’inspirant de ce qui est fait dans d’autres secteurs, pour améliorer ainsi la prise en compte des risques climatiques dans le financement de l’économie. Bien qu’exploratoire, ce travail ouvre également des pistes d’études de cas à conduire.