Depuis 2012, I4CE recense les investissements et les financements climat en France, tandis qu’IKEM a mené des évaluations similaires en Allemagne. Cette étude compare les méthodologies et les résultats de ces deux exercices, qui sont les plus avancés sur le sujet en Europe. Ce papier permet d’effectuer une première analyse comparative des résultats des deux pays - il identifie des similitudes dans les domaines prioritaires d'investissement, mais aussi des différences importantes dans la manière dont les investissements sont financés. Néanmoins, les investissements et financements  des deux pays sont difficilement comparables en raison des importantes différences méthodologiques entre les deux études nationales.

 

Exploration d'une base méthodologique commune pour l'analyse

Le document examine les principales similitudes et différences entre les deux méthodes de suivi, l’état de l'information disponible et les divers problèmes méthodologiques et de données rencontrés dans le cadre des deux études. L'analyse fournit un point de départ important pour comprendre les défis d'investissement associés aux objectifs climatiques et énergétiques. Il identifie également ce qui peut - et ne peut pas - être comparé entre les études en raison des différences dans les approches d'évaluation, les définitions et les sources de données. Bien qu'il y ait une convergence significative de l'approche méthodologique des deux études, une harmonisation approfondie des types d'investissements et de financements inclus dans les totaux sectoriels est nécessaire pour faciliter des comparaisons plus détaillées.

 

Favoriser l'apprentissage en matière d'investissement et de finance entre les États membres

Malgré des méthodologies différentes, des observations intéressantes peuvent tout de même être réalisées sur la manière dont la France et l'Allemagne financent leurs transitions énergétiques. La dette concessionnelle joue un rôle important dans le financement de la transition énergétique en Allemagne alors qu’un diversité d’instruments financiers sont utilisés en France. La banque publique de développement allemande, la KfW, joue un rôle essentiel dans le financement de la transition énergétique en octroyant 32 milliards d'euros de prêts concessionnels aux ménages, aux entreprises et aux acteurs publics par l'intermédiaire d’agences locales de banques commerciales, ce qui rend le capital facilement accessible pour des projets de différentes tailles. En France, cette pratique de rétrocession est moins développée, la majeure partie de la dette concessionnelle (3,5 milliards d'euros) ayant été émise directement par les institutions financières publiques telles que la Caisse des dépôts. En France, différents acteurs ont recours à différents instruments financiers, notamment les obligations, les prêts concessionnels directement décaissés par les institutions financières publiques, les subventions, la dette commerciale, le financement du bilan et autres. La part élevée des investissements diffus reflète la difficulté d'attirer des investissements privés pour des projets de moindre envergure en France.

Dans les deux études, les secteurs qui ont attiré la plus grande part des investissements favorables au climat sont le secteur du bâtiment et celui de la production et du transport d'énergie.  Ce sont par ailleurs les deux secteurs où les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2030 sont les plus élevés.

Une meilleure compréhension des similitudes et ces différences peut contribuer à favoriser l'apprentissage entre les pays dans le but de trouver des moyens nouveaux et efficaces pour financer la transition énergétique. Mais pour ce faire, une base méthodologique commune est nécessaire pour s’assurer de la comparabilité et la cohérence des définitions et des estimations.

Sur la base des approches et des exemples de leurs pairs, les États membres pourraient élaborer des stratégies pour mobiliser des capitaux (principalement privés) en faveur du climat et de la transition énergétique, conformément aux estimations des besoins d'investissement fournies par les plans énergétiques et climatiques nationaux (NECPs).

Ce document est également disponible en allemand sur le site du Bureau franco-allemand pour la transition énergétique.

 

Ce document a été rédigé avec le soutien de

Ce document a été rédigé par des experts externes pour le compte de l'Office franco-allemand de transition énergétique (DFBEW/OFATE). Cette contribution est publiée via la plateforme proposée par l'OFATE. Les points de vue exprimés dans ce document représentent exclusivement ceux des auteurs. L'élaboration du texte a été réalisée avec le plus grand soin. L'OFATE décline toute responsabilité quant à l'exactitude et l'exhaustivité de ce document.

Pour IKEM, le document fait partie de la tâche 4.7 "Analyse technico-systémique axée sur l'efficacité énergétique dans les bâtiments" du projet d'intégration des systèmes (Enavi) financé par la plate-forme Kopernikus du ministère fédéral de l'Éducation et de la Recherche (BMBF).