Publications Investissement

Hausse des investissements dans la transition énergétique : Évitons le feu de paille

14 octobre 2022 - Édito de la semaine - Par : Benoît LEGUET

Depuis de nombreuses années maintenant, I4CE collecte partout en France des données sur les investissements réalisés par l’État, les collectivités, les ménages ou encore les entreprises pour la transition énergétique. Chaque année, nous avons vu progresser – doucement – les investissements dans la rénovation énergétique des bâtiments, la mobilité de demain ou la production d’énergie décarbonée. Et chaque année nous regrettons un sous-investissement, un déficit chronique qui explique aujourd’hui la vulnérabilité de notre économie et plus généralement de notre société à un choc énergétique. Alors, pour une fois, commençons par la bonne nouvelle.

 

La bonne nouvelle du Panorama des financements climat publié aujourd’hui est que, en 2021, les investissements dans la transition énergétique ont fortement augmenté, de 25 %, pour atteindre 84 milliards d’euros. La reprise économique y contribue, ainsi que des réglementations plus exigeantes et le plan de relance post Covid qui a produit ses effets. La qualité des investissements n’est pas toujours au rendez-vous, comme dans la rénovation énergétique où trop peu de ménages s’attaquent aux rénovations globales. Voyons le côté positif néanmoins : quand la France consacre des moyens à la transition énergétique, cela fonctionne.

 

Cependant, nous ne pouvons en rester là. Les besoins d’investissement dans la transition énergétique vont encore devoir augmenter, jusqu’à 30 milliards de plus par an selon notre dernière évaluation, pour tenir l’engagement du Président de la République de doubler le rythme de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Or, si le budget 2023 affiche une hausse des dépenses publiques pour soutenir les investissements climat, les crédits du plan de relance vont quant à eux bientôt disparaitre. Et on en sait toujours peu sur les investissements publics qui seront consentis sur la durée du quinquennat. L’Assemblée nationale a voté, avec le soutien du Gouvernement, en faveur d’une loi de programmation des finances publiques pour la transition écologique : à suivre.

 

Une autre ombre au tableau concerne les collectivités locales. I4CE a analysé dans le détail les investissements et les moyens humains des collectivités pour mettre en œuvre, concrètement, sur les territoires, la transition énergétique. Nous publions aussi aujourd’hui cette nouvelle étude. Conclusion : les collectivités vont devoir doubler leurs investissements dans la transition. Pourront-elles le faire alors qu’elles doivent dans le même temps faire face à la hausse de leurs factures énergétiques ? Le Fonds Vert proposé par le gouvernement est une première étape, une première solution, qui devra être pérennisée et renforcée.

 

Le bond des investissements climat est une bonne nouvelle. Mais pour qu’il ne soit pas un feu de paille, l’État et les collectivités locales vont devoir muscler leur jeu.

 

Lire la newsletter

Pour aller plus loin
  • 26/02/2026
    Mobiliser des financements pour l’adaptation au changement climatique : comment les coûts de financement amplifient les besoins et les moyens pour y répondre dans les pays en développement

    Les besoins de financement pour l’adaptation dans les marchés émergents et les économies en développement (EMDEs) augmentent rapidement, mais les estimations financières actuelles sous-estiment systématiquement l’ampleur du défi. Ce rapport appelle à un changement d’approche, passant de chiffres globaux de besoins d’investissement à des stratégies financières intégrant pleinement les enjeux liés au coût du capital, en combinant des financements concessionnels, la mobilisation des revenus et des réformes structurelles afin de débloquer des investissements durables et croissants dans l’adaptation au changement climatique dans les EMDEs.

  • 20/02/2026
    Pour une véritable souveraineté agricole et alimentaire, une planification des investissements est incontournable 

    Les secteurs agricoles et alimentaires traversent une importante crise de leur balance commerciale. En 2025, les importations nettes ont atteint des niveaux particulièrement élevés, et inédits parfois depuis plusieurs décennies. Pour corriger le tir, des conférences de la souveraineté alimentaire seront organisées en 2026, et des premières annonces sont attendues au Salon international de l’agriculture qui s’ouvre demain à Paris. Si l’intention est largement compréhensible, les réponses apportées risquent d’être les mêmes que ces deux dernières années : lever les contraintes à la production, pour produire plus de tout (productions animales et végétales), afin de récupérer des parts de marché. Est-ce réaliste ?

  • 19/02/2026
    Quels outils de production pour des secteurs agricoles et alimentaires français résilients et durables ? Quels besoins d’investissements ? Quels actifs échoués ?

    Les choix d’investissements des secteurs agricoles et alimentaires des années à venir sont déterminants. Pour pérenniser leurs productions et faire face aux crises, les secteurs agricoles et alimentaires français doivent évoluer vers des systèmes plus résilients et durables. L’enjeu est d’autant plus crucial que différentes vagues d’investissements sont en cours ou à venir dans ces secteurs. Dans cette étude, I4CE a estimé qu’environ 100 milliards d’euros d’outils de production agricoles et alimentaires sont affectés par la transition. Une coordination et une planification des investissements semblent incontournables, notamment pour en limiter les coûts.

Voir toutes les publications
Contact Presse Amélie FRITZ Responsable communication et relations presse Email
Inscrivez-vous à notre liste de diffusion :
Je m'inscris !
Inscrivez-vous à notre newsletter
Une fois par semaine, recevez toute l’information de l’économie pour le climat.
Je m'inscris !
Fermer