Que restera-t-il de l’été 2026 ?

4 septembre 2026 - Édito de la semaine - Par : Benoît LEGUET

L’été 2026 nous a offert un bel avertissement. On aurait aimé un avertissement sans frais. Ce ne sera pas le cas. Et au regard de la coquette somme que représente le coût des trois derniers mois, de l’ordre d’un dixième de point à un point de PIB selon les estimations, la facture sera présentée en plusieurs fois. D’abord le décompte des pertes directes de l’été ; puis les effets différés sur la santé, l’agriculture, les infrastructures, l’habitat, les chaînes de valeur industrielles, les inondations… 2026 n’est pas un accident, de tels épisodes climatiques mettant en exergue nos fragilités sont appelés à se répéter.

 

Ajoutons à cela la guerre au Moyen-Orient, avec ses impacts sur le prix des énergies fossiles dont nous dépendons encore très largement – là encore, 2026 n’est pas un accident, notre économie subit un choc pétrolier ou gazier en moyenne tous les 7 ans depuis 1973 ; et la difficulté compréhensible qu’à l’Europe à se sevrer du gaz fourni par notre principale menace militaire.

 

On a là, sur le papier, toutes les raisons d’espérer : tous les ingrédients semblent réunis pour une prise de conscience brutale, pour que tout décideur politique – ou aspirant – en France ou en Europe, de quelque bord politique que ce soit, se dise qu’il y a un sujet à traiter urgemment et dans la durée ; et cherche à y apporter des réponses certes cohérentes avec son logiciel politique, mais également et surtout avec la dure réalité, bien documentée notamment par les scientifiques qui alimentent les rapports du GIEC, pour ne mentionner que ceux-là.

 

Nous verrons rapidement si et comment cette nécessaire prise de conscience se matérialise. Au-delà des initiatives gouvernementales sur l’électrification, l’agriculture ou l’adaptation, l’agenda politique va fournir des opportunités clé pour que les décideurs puissent apporter des réponses structurelles à ces crises qui s’additionnent et finissent par coûter cher : la discussion budgétaire; la campagne présidentielle qui est déjà lancée ; le Congrès des maires à l’automne, premier Congrès du mandat. Et au niveau de l’Union européenne, les discussions autour du Cadre financier pluriannuel, qui doit permettre sur 2028-2034 de mobiliser les investissements publics et privés pour assurer la décarbonisation du continent, son électrification, sa réindustrialisation verte, l’adaptation au changement climatique. Autant de sujets que nous allons suivre, de processus pour lesquels nous aurons des propositions. Dès cette newsletter, sans attendre l’été prochain.

 

 

Lire la newsletter

Pour aller plus loin
  • 26/06/2026
    Chaud devant !

    Agriculture et élevage fortement touchés, logements invivables, transports en souffrance, infrastructures énergétiques défaillantes, salles de cours ou d’examen inutilisables, écoles fermées, activités sportives ou manifestations culturelles annulées, horaires aménagés… personne ne peut dire qu’il n’a pas été impacté dans son activité professionnelle et sa vie quotidienne.

  • 26/06/2026 Billet d'analyse
    Adaptation au changement climatique : qu’attendre (vraiment) du Fonds vert ?

    Le Fonds vert a vocation à rester un complément aux ressources propres des collectivités, socles du financement de l’action climatique locale

    Quel que soit le montant considéré, celui de 2023, ou celui de 2026, le Fonds vert ne reste qu’un outil de complément dans le financement de l’action climatique locale.

  • 13/03/2026
    Municipales 2026 et climat : 35 000 élections, un mandat pour l’action. 

    Le futur de l’action publique pour le climat s’écrit (aussi) en 2026, à l’occasion des élections municipales et intercommunales qui se dérouleront les deux prochains dimanches.

Voir toutes les publications
Contact Presse Amélie FRITZ Responsable communication et relations presse Email
Inscrivez-vous à notre liste de diffusion :
Je m'inscris !
Inscrivez-vous à notre newsletter
Une fois par semaine, recevez toute l’information de l’économie pour le climat.
Je m'inscris !
Fermer