Que restera-t-il de l’été 2026 ?
L’été 2026 nous a offert un bel avertissement. On aurait aimé un avertissement sans frais. Ce ne sera pas le cas. Et au regard de la coquette somme que représente le coût des trois derniers mois, de l’ordre d’un dixième de point à un point de PIB selon les estimations, la facture sera présentée en plusieurs fois. D’abord le décompte des pertes directes de l’été ; puis les effets différés sur la santé, l’agriculture, les infrastructures, l’habitat, les chaînes de valeur industrielles, les inondations… 2026 n’est pas un accident, de tels épisodes climatiques mettant en exergue nos fragilités sont appelés à se répéter.
Ajoutons à cela la guerre au Moyen-Orient, avec ses impacts sur le prix des énergies fossiles dont nous dépendons encore très largement – là encore, 2026 n’est pas un accident, notre économie subit un choc pétrolier ou gazier en moyenne tous les 7 ans depuis 1973 ; et la difficulté compréhensible qu’à l’Europe à se sevrer du gaz fourni par notre principale menace militaire.
On a là, sur le papier, toutes les raisons d’espérer : tous les ingrédients semblent réunis pour une prise de conscience brutale, pour que tout décideur politique – ou aspirant – en France ou en Europe, de quelque bord politique que ce soit, se dise qu’il y a un sujet à traiter urgemment et dans la durée ; et cherche à y apporter des réponses certes cohérentes avec son logiciel politique, mais également et surtout avec la dure réalité, bien documentée notamment par les scientifiques qui alimentent les rapports du GIEC, pour ne mentionner que ceux-là.
Nous verrons rapidement si et comment cette nécessaire prise de conscience se matérialise. Au-delà des initiatives gouvernementales sur l’électrification, l’agriculture ou l’adaptation, l’agenda politique va fournir des opportunités clé pour que les décideurs puissent apporter des réponses structurelles à ces crises qui s’additionnent et finissent par coûter cher : la discussion budgétaire; la campagne présidentielle qui est déjà lancée ; le Congrès des maires à l’automne, premier Congrès du mandat. Et au niveau de l’Union européenne, les discussions autour du Cadre financier pluriannuel, qui doit permettre sur 2028-2034 de mobiliser les investissements publics et privés pour assurer la décarbonisation du continent, son électrification, sa réindustrialisation verte, l’adaptation au changement climatique. Autant de sujets que nous allons suivre, de processus pour lesquels nous aurons des propositions. Dès cette newsletter, sans attendre l’été prochain.
