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Projet de loi de finances 2026 : bonifier la copie du gouvernement

17 octobre 2025 - Édito de la semaine - Par : Benoît LEGUET
Disons le d’emblée, nous estimons que cette année encore, le Projet de loi de finance 2026 présenté le 14 octobre n’est pas en l’état, cohérent avec la planification écologique et marque un nouveau recul en réduisant les crédits de plusieurs dispositifs moteurs pour la transition sans alternatives fiscales ou réglementaires suffisantes. Le débat parlementaire devra bonifier la proposition du gouvernement.
 
Alors que les investissements climat (-5% en 2024) et la réduction des émissions de gaz à effet de serre décrochent en France, I4CE appelle le gouvernement et les parlementaires à préserver les crédits budgétaires favorables à la transition et à l’adaptation au changement climatique dans le budget 2026.
 
Pompes à chaleur, véhicules électriques, artisans de la rénovation, production d’électricité décarbonée, adaptation de la forêt et des industries du bois ; l’avenir de tout un pan de l’économie est en jeu. Il en va de même pour l’accessibilité de la transition pour les ménages et la possibilité qui leur est offerte de s’émanciper des énergies fossiles. Elle s’est considérablement améliorée ces dernières années et le budget 2026 doit permettre de consolider ces progrès.
 
Pour I4CE, des voies de passages existent pour dépenser mieux l’argent public et mobiliser davantage les investissements privés. Mais il n’est pas possible de relancer la dynamique d’investissement, et encore moins de tenir les objectifs de la planification écologique, avec moins de crédits budgétaires qu’aujourd’hui. 
 
Enfin, tout ne passe pas par le budget. Réduire les coûts de la transition nécessite avant tout de réduire l’incertitude pour les acteurs économiques, et leur donner de la visibilité. Le décret sur la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie n’a toujours pas été publié. Cela est générateur d’incertitudes inutiles, dans un contexte général déjà bien incertain en France, et fragilise aujourd’hui des filières et demain des emplois.
 
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    Le résultat parait bien décevant : nouveau coup de froid sur les finances locales, beaucoup de dépenses qui tiennent peu compte du climat, et des signaux en faveur de l’investissement privé quelque peu atténués. Quant aux soutiens publics à l’investissement climat, qui ont fait leurs preuves, ils s’érodent dans le budget et dépendent de plus en plus de moyens extrabudgétaires. Surtout, nous prévoyons qu’ils seront consommés sans atteindre ni l’ampleur de l’action nécessaire, ni même répondre à toutes les opportunités immédiates.

    Pour sortir de l’hiver, il faudra trouver d’autres moteurs d’investissement. Ce sera l’enjeu de la prochaine génération d’exécutifs locaux, du réflexe climat à généraliser pour chaque dépense structurante, ou encore d’un prochain plan d’électrification tirant parti d’une ressource nationale et bas-carbone devenue abondante.

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