Les besoins de financement pour l’atténuation et l’adaptation dans les pays en développement : comprendre les estimations et soutenir la mobilisation

4 décembre 2024

Contexte

Le financement est au cœur des discussions internationales sur le climat. Les négociations difficiles de la COP29 et leurs résultats mitigés, suivies par l’occasion manquée de parvenir à un consensus autour des mesures concrètes pour mobiliser des financements de la feuille de route Baku-to-Belém lors de la COP30, ont souligné à quel point la finance est essentielle à l’action climatique. Cependant, les évaluations des besoins de financement au niveau national font presque toujours défaut (I4CE 2024Chimowu, Hulme and Munro 2019), alors qu’elles devraient constituer le fondement de ces discussions et actions. 

 

Plusieurs estimations des besoins de financement à l’échelle mondiale tentent de combler cette lacune. Toutefois, en raison du manque de données, elles sont contraintes à de multiples approximations. Si l’on ajoute à cela la variété des périmètres en termes d’instruments financiers, de dimensions de l’action climatique, ou même simplement de géographie, il en résulte des estimations très divergentes (voir la figure ci-dessous).   

 

Figure : Echantillon des estimations et fourchettes d’incertitude des besoins annuels de financement pour le climat dans les pays émergents d’ici à 2030 

 

L’un des principaux chiffres de référence, qui sert de point d’ancrage dans les négociations internationales, est l’estimation du Groupe indépendant d’experts de haut niveau sur le financement du climat (IHLEG Independent High-Level Expert Group on Climate Finance). Leur troisième rapport estime qu’environ 2 400 milliards de dollars d’investissements sont nécessaires chaque année d’ici 2030 dans les économies émergentes et en développement, à l’exclusion de la Chine, pour soutenir cinq piliers clés de l’action climatique : la transition vers les énergies propres, l’adaptation et la résilience, les pertes et dommages, le capital naturel et la transition juste. 

 

Ces chiffres constituent des repères utiles pour sensibiliser et orienter les négociations internationales. Toutefois, ils restent insuffisants pour orienter des actions concrètes au niveau national ou élaborer des stratégies de mobilisation des financements efficaces. Plusieurs limites majeures réduisent leur portée opérationnelle.  

 

  • Des hypothèses et objectifs divergents réduisent la cohérence et à la crédibilité des estimations agrégées des besoins d’investissement. Par exemple, les chiffres de l’IHLEG s’appuient pour chaque pilier de l’action climatique sur des évaluations externes, notamment le scénario Net-Zero de l’AIE et l’Adaptation Gap Report du PNUE, lesquels reposent parfois sur des définitions et des hypothèses qui ne sont pas alignées.
  • Les divergences conceptuelles concernant l’additionnalité de l’action climatique – en particulier la frontière entre financement climat et financement du développement, ainsi que la prise en compte des coûts incrémentaux ou totaux de l’action climat – peuvent aboutir à des estimations très différentes des besoins d’investissement.
  • La plupart des estimations ne couvrent que les besoins d’investissement, en excluant le coût du capital, qui est pourtant particulièrement élevé dans les pays émergents et en développement et constitue une barrière importante au financement des projets. Les estimations des besoins de financement devraient être alignées sur des évaluations réalistes des ressources financières disponibles, en tenant compte du coût du capital, afin d’éviter les écarts entre ambition et faisabilité. 

 

Objectifs

Compte tenu de l’importance de ces chiffres dans les discussions internationales, ce projet vise à explorer les principales limites des estimations existantes et à identifier des axes d’amélioration, afin que les estimations des besoins de financement climat puissent réellement informer les discussions politiques internationales ainsi que les efforts de mobilisation des financements au niveau national. 

 

Ce projet de recherche s’appuie sur l’expertise d’I4CE en matière de plans de financement de la transition et d’évaluation des besoins de financement au niveau national. 

 

Un premier rapport a été publié en juillet 2025. Ses principales conclusions ont alimenté le rapport conjoint CEPR-Bruegel intitulé « Accélérer la transition et protéger la nature dans les économies émergentes ». 

 

Un second rapport a été publié en février 2026, portant sur le financement de l’adaptation. 

Période

Décembre 2024 – en cours

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