Quel plan de relance pour l’agriculture française ?
Après avoir annoncé plus d’un milliard d’euros d’aides d’urgence pour les agriculteurs et les agricultrices face aux pertes considérables de cet été, le gouvernement a annoncé débloquer entre 500 et 700 millions d’euros supplémentaires pour un plan de relance. Un plan de relance structurel donc, pour relancer les exploitations dans une perspective de résilience.
Dans un nouveau billet, I4CE décrypte la pertinence de ce plan de relance (aux contours encore flous) pour réduire la vulnérabilité des secteurs agricoles et alimentaires aux crises qui se multiplient et s’intensifient. Les mesures annoncées sont théoriquement pertinentes : adaptation des bâtiments d’élevage, stockage de l’eau, projets d’avenir agricoles, garanties de prêts. Mais leur contribution réelle à une plus grande résilience et de durabilité dépendra des modalités précises de leur mise en œuvre. Et surtout, leur portée restera limitée : même parfaitement déployé, ce plan ne suffira pas à adapter les secteurs agricoles et alimentaires au changement climatique. Il est nécessaire de repenser l’ensemble des soutiens publics à ces secteurs, et notamment les soutiens aux investissements.
Dans son nouveau rapport, I4CE estime à environ 2 milliards d’euros le montant annuel de soutiens publics aux investissements physiques (bâtiments, matériels, plantations) des secteurs agricoles et alimentaires français. Sur ce total, environ 70 % pourraient davantage intégrer les impératifs de résilience et de durabilité. Par exemple en introduisant des critères minimaux de sélection des projets : compatibilité avec les projections climatiques et hydriques, contribution à la diversification des productions, et contribution à l’indépendance stratégique (carburants, engrais, soja). L’ensemble de ces recommandations est à retrouver dans ce nouveau rapport.


