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Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) (en anglais Intergovernmental Panel on Climate Change, IPCC) vient de publier son dernier « rapport spécial sur le changement climatique et secteur des terres », préparé par 107 experts de 52 pays et qui s’appuie sur 7 000 études scientifiques. I4CE, l’Institut de l’Économie pour le Climat, vous livre ici une synthèse des éléments majeurs de ce document :

Le secteur des terres (agriculture, forêt et autres utilisations des terres) est responsable de 22 % des émissions anthropiques. Par chaîne de causalité, le réchauffement climatique, en augmentant les risques de dégradation du permafrost et des régions côtières, l’érosion des sols et la désertification, pourrait entraîner davantage d’émissions de gaz à effet de serre (GES).

Si ce secteur est en partie responsable du changement climatique [principalement à travers la déforestation], il en est aussi un des plus impactés. Les filières alimentaires, en premier lieu, sont d’ores et déjà touchées dans certaines régions et pourront l’être de manière irréversible à l’avenir. La dégradation et la désertification des sols ainsi que les événements extrêmes tels que les sécheresses ou les inondations qui vont aller en s’intensifiant impactent la production agricole et pèsent lourdement sur l’enjeu de sécurité alimentaire.

Il est donc nécessaire d’activer rapidement tous les leviers permettant de réduire l’impact du secteur des terres sur le changement climatique tout en conciliant cet enjeu d’atténuation avec les deux autres enjeux fondamentaux que sont l’adaptation et la sécurité alimentaire.

Les trois grandes familles de leviers pour réduire les émissions anthropiques du secteur des terres sont :

  • Réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) : il s’agit avant tout ici de réduire les émissions de méthane et de protoxyde d’azote liées à l’agriculture en mettant en place de nouvelles pratiques, de nouvelles technologies ou de nouveaux systèmes tels qu’une meilleure gestion de la fertilisation azotée, la méthanisation des déjections animales ou encore le développement de l’agriculture de conservation.
  • Augmenter les puits de carbone: afforester, reforester, mettre des cultures intercalaires, planter des haies, etc. sont autant de moyens de stocker du carbone additionnel. Mais bien sûr, toutes ces solutions doivent aller de pair avec un maintien du stock de carbone déjà présent dans les sols et dans la biomasse aérienne via une préservation des forêts existantes, des tourbières, des prairies, etc.
  • Produire de la biomasse qui va venir se substituer à de l’énergie fossile ou à des matériaux très carbonés : cela ne va pas permettre de réduire les émissions du secteur des terres mais va permettre de décarboner d’autres secteurs comme le secteur énergétique ou du bâtiment.

Si pour le premier levier et une partie du deuxième levier, les curseurs doivent être poussés au maximum, le juste niveau de production de biomasse en substitution aux énergies fossiles ainsi que le juste niveau d’afforestation et de reforestation sont plus compliqués à doser puisqu’il faut trouver le bon équilibre pour ne pas compromettre l’enjeu de sécurité alimentaire. En effet, les boisements, reboisements et la production de bioénergies à grande échelle augmentent le risque de conversion des terres agricoles et d’augmentation des prix des denrées alimentaires.

Mais la surface dédiée à la production alimentaire n’est pas le seul déterminant de la sécurité alimentaire et d’autres paramètres sont à prendre en compte :

  • La démographie et donc le nombre de personnes à nourrir: la planification de l’utilisation optimale des terres dépend pour partie des prévisions démographiques.
  • Modifier les régimes alimentaires avec en tête, réduire la consommation de viande.
  • Le niveau de gaspillage: actuellement, environ un tiers de la production agricole est gaspillée. Réduire ce gaspillage que ce soit au niveau de la production/transformation (amélioration de la chaîne du froid, investissement dans des systèmes de stockage performant, etc.) ou au niveau des consommateurs permettra de réduire la demande alimentaire et ainsi la pression sur les terres.

Mais les solutions techniques, technologiques, organisationnelles, etc. à mettre en place dépendent du contexte local, il faut donc des réponses locales. Par exemple, une meilleure irrigation peut permettre d’augmenter la production, d’augmenter ainsi le retour au sol de matière organique et de réduire les besoins en terres cultivées mais elle peut également aggraver les problèmes de sécheresse dans certaines régions et amplifier le risque de désertification.

Enfin, il est nécessaire de planifier, de façon dynamique, l’allocation des terres et des ressources, nécessitant potentiellement de faire des compromis entre les différents enjeux (mitigation, adaptation, sécurité alimentaire, santé, biodiversité, etc.), en concertation avec l’ensemble des secteurs concernés (filières agricoles, filières bois, énergie, tourisme, santé, etc.) et de manière adaptée aux contextes territoriaux.

 

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