Politiques alimentaires : il faut se donner les moyens d’agir

25 avril 2024 - Tribune - Par : Charlie BROCARD / Clémence NASR / Mathieu SAUJOT / Lucile ROGISSART / Damien CONARÉ / Pascale HÉBEL / Suzanne GORGE / Matthieu COMBAUD

Les experts et expertes de l’alimentation et des politiques publiques de six organisations pressent le gouvernement de publier une Stratégie nationale pour l’alimentation (SNANC) cohérente, dotée des moyens adéquats et d’un réel portage politique, afin d’en faire un outil de planification réussie.

 

Durant la crise agricole du début de l’année, les agriculteurs ont parfois exprimé le sentiment d’être coincés entre, d’un côté, des décideurs qui pousseraient un agenda de transition en faveur du verdissement de l’agriculture et, de l’autre, des consommateurs dont les achats (de produits exigeants d’un point de vue environnemental, ou de produits français) ne suivraient pas. Pour en finir avec ces injonctions contradictoires, l’action publique doit porter sur ce qui conditionne le lien entre producteurs et consommateurs : l’environnement alimentaire (offre, prix, normes sociales, publicité etc.), lui-même en grande partie façonné par les acteurs majeurs de l’industrie agro-alimentaire, de la grande distribution et de la restauration.

 

L’État planche justement sur la toute première Stratégie nationale alimentation, nutrition et climat (SNANC), qui pourrait doter le pays d’un véritable volet de la planification écologique dédié à l’alimentation à horizon 2030. Créée par la loi Climat et Résilience de 2021, et prévue pour adoption avant le 1er juillet 2023, la SNANC n’a toutefois toujours pas fait surface, et rares sont ceux qui en ont entendu parler. Aujourd’hui en mal de portage politique, une telle feuille de route serait pourtant un atout indispensable pour répondre à la crise agricole, aux enjeux de santé publique comme aux frustrations des consommateurs (dont une partie croissante ne peut manger ce qu’elle souhaite). Elle permettrait enfin de travailler à l’articulation de notre offre alimentaire avec la demande.

 

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Lucile ROGISSART
Lucile ROGISSART
Chercheuse – Financement de la transition agricole, Alimentation Email
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    Un « grand réveil ». C’est le vœu par lequel Annie Genevard initiait les conférences de souveraineté alimentaire. Pour Benoit Leguet dans sa chronique des Echos, l’intention est louable : tout le monde gagnerait à sortir de cet exercice avec une solide feuille de route pour guider les investissements agricoles prioritaires. Mais ces conférences ne peuvent se résumer à afficher des ambitions de production parfois irréalistes et passer sous silence les fragilités de notre système agricole et alimentaire, au risque d’entretenir un doux rêve.

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    Les conférences de la souveraineté alimentaire vont probablement rythmer les débats sur l’avenir de l’agriculture française en 2026. Pour Lucile ROGISSART, l’essentiel des réponses apportées ces deux dernières années peuvent se résumer ainsi : lever les contraintes à la production, pour produire plus de tout, dans le but de récupérer des parts de marché en France et à l’exportation. Cette réponse se heurte pourtant à une difficulté majeure : produire plus de tout implique d’importer encore davantage de produits stratégiques tels que les engrais ou les tourteaux. La transition écologique permet pourtant de réduire ces importations. Les conférences de la souveraineté alimentaire devront donc intégrer la transition écologique, au risque de rater leur objectif.

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