État des lieux des investissements climat en Europe – Edition 2026

La crise énergétique met en évidence les vulnérabilités structurelles de l’Union européenne (UE) : accélérer les investissements dans les énergies et technologies propres est essentiel pour garantir la prospérité économique, l’indépendance énergétique et le pouvoir d’achat des ménages.

 

 
 
 

PRINCIPAUX Résultats

Prix des énergies fossiles

Face à la flambée des prix des énergies fossiles, accélérer les investissements dans la transition bas-carbone est devenu un impératif pour réduire la dépendance de l’UE aux énergies fossiles importées, renforcer sa base industrielle et protéger les citoyens des futurs chocs énergétiques.

Stagnation des investissements climatiques

Après une forte hausse en 2022 en réponse à la crise énergétique, les investissements climat ont depuis stagné, reflétant un manque général de planification à long terme. Seuls les investissements dans le transport routier bas-carbone ont augmenté.

Des investissements toujours insuffisants

Les investissements climat ont atteint 534 milliards d’euros en 2025, couvrant seulement 61% des besoins annuels pour atteindre les objectifs 2030 de l’UE.

Des progrès inégaux selon les secteurs

Le solaire, le stockage par batteries, les bornes de recharge et la fabrication de cleantechs sont en bonne voie pour atteindre leurs objectifs 2030, mais l’éolien, les réseaux électriques et la rénovation des bâtiments restent sous-financés.

Des stratégies long-terme d’investissement sont nécessaires

Pour atteindre les objectifs 2030 et 2040, l’UE et ses États Membres doivent aller au-delà d’une logique d’investissements dictée par les crises et s’engager dans des stratégies d’investissement de long terme offrant des signaux clairs et stables aux investisseurs, entreprises et citoyens.

 

 

La récente crise énergétique, décrite par le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie comme « la plus grande menace pour la sécurité énergétique mondiale de l’histoire », met une nouvelle fois en évidence la vulnérabilité structurelle de l’UE face à sa dépendance aux combustibles fossiles. La flambée des prix du pétrole pèse de plus en plus sur le pouvoir d’achat des ménages et fragilise la sécurité énergétique et la compétitivité industrielle de l’UE. Dans ce contexte, une économie sans combustibles fossiles n’est plus seulement un objectif environnemental, mais devient aussi un impératif économique stratégique. Accélérer les investissements dans les infrastructures bas-carbone, l’électrification, l’efficacité énergétique et les technologies propres permettra de réduire la dépendance de l’UE vis-à-vis des combustibles fossiles importés, de renforcer sa base industrielle et de protéger ses citoyens contre de futurs chocs liés aux prix de l’énergie.

  

Après une forte hausse en 2022, faisant suite à la crise énergétique déclenchée par la guerre en Ukraine, les investissements climat ont stagné, reflétant un manque général de planification long-terme des investissements. À l’époque, les décideurs publics, les entreprises et les citoyens avaient choisi d’investir davantage dans la transition énergétique, même si ces investissements restaient encore insuffisants. Depuis lors, cependant, l’élan s’est essoufflé. Les investissements climat ont atteint 534 milliards d’euros en 2025, bien en deçà des 878 milliards d’euros nécessaires chaque année pour atteindre les objectifs climat de l’UE à horizon 2030. Les premiers mois de 2026 montrent une hausse des investissements dans certains secteurs, suggérant que l’économie européenne pourrait de nouveau accélérer ses investissements en réponse à la crise énergétique actuelle. Toutefois, pour transformer cette dynamique en une tendance durable, une planification long-terme des investissements est essentielle. Au-delà de la préservation des objectifs climat de long terme, une telle approche permettrait également de réduire la nécessité pour les gouvernements de mettre en œuvre des mesures d’urgence coûteuses pour protéger les citoyens et les entreprises de nouvelles flambées des prix de l’énergie. 

 

Figure 1 – Le déficit d’investissement dans les secteurs de l’énergie, du bâtiment, des transports et de la production de technologies propres est estimé à 344 milliards d’euros en 2025. 

Source : I4CE Tous les chiffres sont exprimés en euros 2025. À gauche, ce graphique représente les besoins moyens en investissements climatiques par an pour que l’UE atteigne ses objectifs climatiques entre 2026 et 2030 dans les secteurs de l’énergie, du bâtiment, des transports et de la production de technologies propres (878 milliards d’euros). Il les compare aux investissements de 2025 dans ces mêmes secteurs (534 milliards d’euros). La différence entre les deux donne le déficit d’investissement climat (344 milliards d’euros). 

 

 

Les investissements ont légèrement rebondi en 2025, mais restent bien en deçà de ce qui est nécessaire pour atteindre les objectifs 2030 de l’UE 

Après s’être contractés en 2024, les investissements climat ont légèrement rebondi en 2025, atteignant 534 milliards d’euros. Cela représente une croissance de 2,4 % par rapport à 2024, ramenant l’investissement à un niveau proche de celui enregistré en 2023. La croissance de 2025 a été principalement tirée par une augmentation de 23 % des investissements dans le transport routier électrique, soutenue par l’adoption croissante de véhicules particuliers électriques. À l’inverse, les investissements dans les énergies renouvelables et le nucléaire ont baissé de 9 %, prolongeant la baisse observée depuis 2022 en raison de procédures d’autorisation lentes, d’une capacité limitée du réseau électrique – les investissements dans le réseau stagnant depuis 2023 – et d’une demande d’électricité moins dynamique qu’anticipé. Les investissements dans la rénovation des bâtiments ont également diminué de 5 % en 2025, sous l’effet de la réduction de certains dispositifs de soutien public, notamment dans le secteur résidentiel. Enfin, les investissements dans la fabrication d’éoliennes, de panneaux solaires, de batteries, d’électrolyseurs et de pompes à chaleur ont stagné en 2025, dans un contexte de recul mondial des investissements dans la production de technologies propres.  

 

Figure 2 – Après avoir reculé de 2 % en 2024, les investissements climatiques dans l’économie de l’UE ont augmenté de 2,4 % en 2025, atteignant 534 milliards d’euros, un niveau proche de celui de 2023. 

Source : I4CE Toutes les données sont exprimées en euros de 2025. Ce chiffre représente les investissements climatiques dans les secteurs de l’énergie, du bâtiment, des transports et de la fabrication de technologies propres entre 2020 et 2025. 

 

En 2025, les investissements réalisés ne couvrent que 61 % des 878 milliards d’euros nécessaires chaque année pour atteindre les objectifs de l’UE à horizon 2030. Le déficit d’investissement s’élève à 344 milliards d’euros, soit 45 milliards de plus qu’en 2024. Bien que les investissements aient globalement augmenté, ils sont restés systématiquement en deçà des besoins, créant un effet de cible mouvante. Chaque année de sous-investissement vient augmenter les besoins futurs, creusant le déficit et rendant l’objectif progressivement plus difficile à atteindre à mesure que 2030 approche. 

 

 

Figure 3 – Le déficit d’investissement climatique a augmenté de 45 milliards d’euros entre 2024 et 2025, pour atteindre 344 milliards d’euros. 

Source : I4CE Toutes les données sont exprimées en euros de 2025. Ce graphique représente l’évolution du déficit d’investissement climatique entre 2022 et 2025, à périmètre sectoriel et méthodologie constants.  

 

 

Au niveau sectoriel, la situation est plus contrastée. Un certain nombre de secteurs progressent bien vers leurs objectifs 2030, témoignant à la fois de l’efficacité de certaines politiques publiques ciblées et d’une forte demande sous-jacente. C’est notamment le cas de l’énergie solaire, du stockage par batteries, des infrastructures publiques de recharge pour les véhicules électriques légers et de la fabrication de technologies propres, où les niveaux d’investissement en 2025 dépassent déjà ceux requis pour atteindre les objectifs 2030. A l’inverse, de nombreux secteurs n’investissent toujours pas au rythme requis. Certains se trouvent dans une situation plus critique que d’autres. L’énergie éolienne en est un exemple frappant, les investissements en 2025 ne couvrant que 25 % des besoins identifiés. Ce déficit est largement dû au manque d’investissement dans les réseaux électriques qui, malgré un niveau atteignant 78 % des besoins en 2025, restent un goulet d’étranglement majeur freinant les progrès dans d’autres secteurs. C’est notamment le cas pour le déploiement des énergies renouvelables, ainsi que l’électrification des usages. Le déficit d’investissement dans les réseaux électriques doit donc être comblé de toute urgence.  

 

 

Renforcer les politiques long terme pour accélérer les investissements et réduire la vulnérabilité de l’Europe face aux futures crises énergétiques 

Afin de réduire leur vulnérabilité face aux futures crises énergétiques et d’accélérer les investissements dans la transition bas-carbone, l’UE et ses États membres disposent d’une série de leviers politiques concrets. En matière de réglementation, par exemple, la révision du règlement sur les normes de performance en matière d’émissions de CO₂ pour les véhicules légers neufs doit préserver son ambition de soutenir la transition vers une mobilité sans énergie fossile. Elle doit aussi garantir l’accessibilité financière des voitures pour les ménages et protéger les investissements déjà réalisés dans la fabrication européenne de batteries. En matière de gouvernance, la prochaine révision du règlement sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique devrait être saisie comme une occasion de transformer les plans nationaux énergie-climat (PNEC) en véritables feuilles de route nationales pour les investissements climat. En matière de planification, l’élaboration de plans d’électrification, tant au niveau de l’UE qu’au niveau national, est essentielle pour protéger les citoyens et les entreprises contre la hausse des prix de l’énergie, grâce à la mise en œuvre de mesures visant à accélérer la mobilité bas-carbone et la décarbonisation des bâtiments. Enfin, en matière budgétaire, le budget de l’UE joue un rôle essentiel pour accélérer les investissements climat dans plusieurs États membres. Le prochain budget pluriannuel de l’UE, prévu pour la période 2028-2034, doit garantir le financement des investissements climat dans l’ensemble des États membres. 

 

 

Ces leviers doivent offrir une visibilité claire et durable aux investisseurs, entreprises et citoyens prêts à s’engager dans la décarbonation de l’économie. La Commission européenne s’apprête à publier ses propositions pour le cadre réglementaire post-2030 à la suite de l’adoption de l’objectif de réduction des émissions pour 2040. Alors que l’UE-27 est encore loin d’atteindre ses objectifs pour 2030, la mise en œuvre et le maintien d’engagements à long terme sont essentiels pour garantir un cadre réglementaire stable et prévisible favorisant les investissements à long terme. L’UE et ses États membres doivent rompre avec une logique d’investissements dictée par des crises et s’engager plutôt dans des stratégies d’investissement de long terme qui protègent durablement les citoyens, les entreprises et la sécurité énergétique de l’Europe contre de futurs chocs énergétiques. 

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Voir les annexes
  • Annex 1 – Summary of figures: current climate investments and needs (2026 Edition) Télécharger
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Caroline HENRY
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Chargée de recherche - Programme Europe Email
Clara CALIPEL
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Chercheuse – Investissements climat européens Email
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