Agriculture : sortir de la crise perpétuelle

23 janvier 2025 - Tribune - Par : Benoît LEGUET

Le monde agricole est en crise. Depuis longtemps. Et pour longtemps encore si le débat sur le futur du système agricole et alimentaire reste polarisé. Il faut donc protéger les agriculteurs pour transformer l’agriculture.

 

Le monde agricole français élit actuellement ses représentants dans les chambres d’agriculture. Comme tous les six ans. Mais les élections de 2025 prennent un tour particulier. Nous avons désormais compris qu’il nous fallait rendre notre agriculture plus résiliente aux chocs énergétiques et climatiques. Appelons cela « transition écologique ». L’approche des élections n’a pas incité à un débat apaisé sur les futurs possibles du secteur agricole, dans un contexte par ailleurs compliqué : baisse des revenus des agriculteurs, inquiétudes sur le renouvellement des générations, et désormais tensions sur les finances publiques.

 

Après les élections, comment renouer avec un débat serein ? En se remémorant de Gaulle disant à Pisani, en 1961 : « Vous n’êtes pas le ministre des Agriculteurs, mais le ministre de l’Agriculture de France ». Arrêtons de confondre agriculteurs – une profession – et agriculture – un sujet de souveraineté, de durabilité et de compétitivité de notre système alimentaire.

 

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Pour aller plus loin
  • 20/02/2026
    Pour une véritable souveraineté agricole et alimentaire, une planification des investissements est incontournable 

    Les secteurs agricoles et alimentaires traversent une importante crise de leur balance commerciale. En 2025, les importations nettes ont atteint des niveaux particulièrement élevés, et inédits parfois depuis plusieurs décennies. Pour corriger le tir, des conférences de la souveraineté alimentaire seront organisées en 2026, et des premières annonces sont attendues au Salon international de l’agriculture qui s’ouvre demain à Paris. Si l’intention est largement compréhensible, les réponses apportées risquent d’être les mêmes que ces deux dernières années : lever les contraintes à la production, pour produire plus de tout (productions animales et végétales), afin de récupérer des parts de marché. Est-ce réaliste ?

  • 19/02/2026 Tribune
    Souveraineté alimentaire : grand réveil ou doux rêve ?

    Un « grand réveil ». C’est le vœu par lequel Annie Genevard initiait les conférences de souveraineté alimentaire. Pour Benoit Leguet dans sa chronique des Echos, l’intention est louable : tout le monde gagnerait à sortir de cet exercice avec une solide feuille de route pour guider les investissements agricoles prioritaires. Mais ces conférences ne peuvent se résumer à afficher des ambitions de production parfois irréalistes et passer sous silence les fragilités de notre système agricole et alimentaire, au risque d’entretenir un doux rêve.

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    Les conférences de la souveraineté alimentaire vont probablement rythmer les débats sur l’avenir de l’agriculture française en 2026. Pour Lucile ROGISSART, l’essentiel des réponses apportées ces deux dernières années peuvent se résumer ainsi : lever les contraintes à la production, pour produire plus de tout, dans le but de récupérer des parts de marché en France et à l’exportation. Cette réponse se heurte pourtant à une difficulté majeure : produire plus de tout implique d’importer encore davantage de produits stratégiques tels que les engrais ou les tourteaux. La transition écologique permet pourtant de réduire ces importations. Les conférences de la souveraineté alimentaire devront donc intégrer la transition écologique, au risque de rater leur objectif.

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