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Dans la course à la neutralité carbone, annoncée par de nombreuses entreprises, la compensation va être très sollicitée. Une quinzaine d’acteurs du secteur, dont Claudine Foucherot et Julia Grimault d’I4CE, alertent sur le risque de greenwashing et l’importance de la crédibilité des projets.

L’année 2020 a confirmé l’engouement fort des acteurs privés pour la lutte contre le changement climatique observé en 2019. Ainsi, pas une semaine ne se passe sans qu’une entreprise n’annonce sa volonté de devenir neutre en carbone. Pour atteindre cet objectif, elle s’engage à réduire ses émissions et – dans des proportions plus ou moins fortes – à « compenser » ses émissions résiduelles en finançant des projets de terrain visant à réduire les émissions de GES ou à séquestrer le carbone, tels que la plantation d’arbres, la meilleure gestion des forêts ou des prairies, ou encore la production d’énergie renouvelable. Dans la plupart des cas, les réductions d’émissions réalisées grâce à ces projets sont certifiées par des labels carbone tels que le Label Bas Carbone en France, créé par le Ministère de la transition écologique et solidaire, le Woodland Carbon Code au Royaume-Uni ou encore les labels privés Gold Standard et Verra à l’international.

Les engagements de neutralité carbone des entreprises et la compensation ont toujours suscité de vives critiques, et la compensation est parfois qualifiée de « droit à polluer ». Ces craintes sont incarnées par certaines entreprises qui font évoluer à la marge leur modèle économique, réduisent peu leurs émissions et misent essentiellement sur la compensation, et qui sont par conséquent accusées de greenwashing. Plus largement, c’est le concept même de neutralité carbone à l’échelle d’une entreprise qui est remis en cause : une entreprise fortement émettrice peut par exemple se déclarer « neutre » dès aujourd’hui, même si son activité est incompatible, à terme, avec la protection du climat.

Valoriser la qualité des projets de terrain

Ces critiques, qui alertent sur les potentielles fragilités des démarches des entreprises autour de la compensation, sont légitimes, même si bon nombre d’acteurs affichant une neutralité carbone ont entamé une réelle transition vers la décarbonation de leur économie. Mais elles portent sur la démarche et la communication des entreprises, et ne doivent pas être utilisées pour jeter par la même occasion le discrédit sur les projets de terrain financés, les labels qui certifient leur qualité et le principe même de certification. Evitons absolument les amalgames entre les démarches des financeurs et les projets qu’ils financent ! Cette confusion serait anecdotique si elle n’était pas dangereuse : elle pourrait mettre à mal les efforts entrepris depuis de nombreuses années pour faire émerger des projets de terrain et pour s’assurer que chaque euro dépensé au nom du climat permette réellement de contribuer à la lutte contre le dérèglement climatique.

 

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