Les systèmes de tarification explicite du carbone – qu’il s’agisse de taxe ou de marché carbone – continuent à se développer dans le monde. Dans l’édition 2021 de ses Comptes mondiaux du carbone, I4CE présente les principales tendances et vous propose un tour d’horizon de ces politiques publiques : les pays qui les ont adoptées, les secteurs couverts, les niveaux de prix, les recettes générées et ce qui en est fait. Retrouvez toutes ces informations en infographies et sur notre carte interactive.

Les 4 tendances de 2021

  1. Au 1er octobre 2021, 47 juridictions (pays, province ou groupement de pays/ province), représentant 60 % du PIB mondial, disposaient d’un prix du carbone (taxe ou marché de quotas). Au cours de l’année écoulée, deux pays du G20 (Chine et Allemagne) ont mis en place une tarification du carbone et disposent désormais d’un mécanisme opérationnel.
  2. Les revenus du carbone sont en nette hausse sur la période recensée (année fiscale 2020-2021), atteignant environ 56,8 milliards de dollars US (49 milliards d’euros) en 2020, contre 48 milliards en 2019. Ils proviennent à 52 % des taxes et 48 % des marchés de quotas. Ils sont majoritairement fléchés soit vers des projets liés à la transition écologique, soit alloués au budget général de la juridiction.
  3. Les prix explicites du carbone recensés au 1er octobre 2021 oscillent entre moins de 1 dollar US (environ 1 euro) et 142 dollars US (environ 117 euros) par tonne de CO2eq. Cependant, plus de 46 % des émissions régulées par une tarification du carbone sont couvertes par un prix inférieur à 10 dollars US (8 euros). Le consensus scientifique international estime que le plein effet d’incitation de ces mécanismes est atteint pour des prix entre 40 et 80 dollars US par tonne de CO2 en 2020 (Stern-Stiglitz, 2016).
  4. L’ensemble des juridictions disposant d’un mécanisme carbone (taxe ou marché) représentent 60 % des émissions mondiales de gaz à effets de serre (Chiffres clés du climat, 2021). Néanmoins, cela ne veut pas dire que 60 % des émissions mondiales sont « effectivement » couvertes par un prix du carbone. En effet, certains secteurs ou populations peuvent être exonérées (totalement ou partiellement) de payer ce prix pour diverses raisons. Par ailleurs, les subventions aux énergies fossiles représentent encore a minima 450 milliards de dollars en 2020.

I4CE