Les aides de crise agricoles ne cessent d’augmenter et ce n’est satisfaisant pour personne

1 mars 2024 - Édito de la semaine - Par : Samuel FÉRET

I4CE s’est livré à un exercice inédit : estimer les soutiens publics au secteur agricole liées aux crises ces dix dernières années. Les dépenses publiques de prévention, surveillance et indemnisation totales ainsi agrégées donnent le vertige : plus de 2 milliards d’euros rien qu’en 2022 – pour indemniser les pertes occasionnées par plusieurs aléas sanitaires, climatiques et géopolitiques concomitants. 

 

Gérer des crises conjoncturelles tout en contribuant structurellement à prévenir la prochaine crise a toujours été le défi des décideurs publics en charge des politiques agricoles. Si certaines aides de crise sont désespérément nécessaires, elles ne sont satisfaisantes ni pour les agriculteurs, ni pour la puissance publique. Aussi, il est nécessaire de s’interroger sur la manière de réduire le coût des crises et les dépenses publiques qui en découlent.

 

Les risques sanitaires et climatiques étant amenés à s’intensifier à l’avenir, le pays doit se préparer à réduire les vulnérabilités du secteur agricole. Dans un contexte dans lequel l’incertitude sera la norme, un incontournable chantier attend les pouvoirs publics : accompagner les exploitations et les filières vers des modèles à l’épreuve des crises.  Ceci en investissant davantage dans la transition écologique pour préparer un avenir qui garantisse la souveraineté alimentaire de notre pays.

 

 

Lire la newsletter

Pour aller plus loin
  • 23/01/2026
    Financer les changements de pratiques dans les secteurs agricoles et forestiers au niveau européen : ne pas sous-estimer les défis

    Dans un contexte économique et politique difficile, en particulier pour le secteur agricole, et à l’heure où les contraintes réglementaires et fiscales sont remises en cause, certains dispositifs incitatifs peuvent néanmoins contribuer à fédérer les acteurs dans des démarches de transition et de résilience. C’est par exemple le cas des démarches de certification carbone, qui permettent à la fois d’assurer la crédibilité de l’impact climatique des actions mises en œuvre, mais également la rémunération des agriculteurs et forestiers pour les changements de pratiques. Certaines d’entre elles, comme le remplacement d’engrais minéraux (majoritairement importés) par des engrais organiques, contribuent également à répondre aux besoins de résilience et d’indépendance stratégique du secteur, cruciales dans le contexte actuel.  

  • 16/01/2026
    MACF et engrais : sanctuariser des budgets pour aider les agriculteurs à réduire leur usage d’engrais minéraux

    Le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) est entré en application au 1e janvier 2026. Il s’agit d’une taxe carbone aux frontières de l’Union européenne sur les importations de certains produits industriels couverts par le marché d’échange de quotas européens. Les engrais minéraux azotés font partie de cette première liste de produits. Afin d’éviter une hausse des charges pour les agriculteurs concernés, le niveau de la taxe a été réduit pour les engrais, et ceux-ci pourraient même être temporairement exclus du périmètre du MACF. Pourtant, pour le climat, mais aussi pour l’indépendance stratégique et la souveraineté alimentaire de la France, le MACF devra finir par s’appliquer pleinement aux engrais minéraux. Pour limiter voire éviter une hausse des dépenses d’engrais des agriculteurs, il faut des politiques publiques, dont certaines sont actuellement menacées. Sanctuariser des budgets pour ces politiques serait un moyen de soutenir le revenu des agriculteurs et la souveraineté alimentaire de l’Union européenne et de la France, tout en réduisant l’empreinte carbone de notre alimentation.

  • 02/06/2025
    Le Label Bas-Carbone : quel bilan après 6 ans d’existence ?

    Après 6 ans de Label Bas-Carbone, cette étude vise à faire le point sur ce dispositif et ses projets : quelles activités sont mises en place sur le terrain, pour quel impact climatique, avec quelle robustesse ou au contraire quelles limites en termes de mesure, d’intégrité environnementale, d’accessibilité… ? Cet exercice vise également à alimenter le processus d’amélioration continue du dispositif et cette expérience sera utile aux travaux sur le cadre de certification carbone de l’Union européenne.

Voir toutes les publications
Contact Presse Amélie FRITZ Responsable communication et relations presse Email
Inscrivez-vous à notre liste de diffusion :
Je m'inscris !
Inscrivez-vous à notre newsletter
Une fois par semaine, recevez toute l’information de l’économie pour le climat.
Je m'inscris !
Fermer