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La publication du rapport interimaire du groupe d’experts de haut-niveau (HLEG) sur la finance durable marque la fin de la première phase de travail – et surtout le début d’un dialogue nécessaire avec la communauté financière européenne pour les convaincre de prendre en considération les enjeux de durabilité.

En septembre 2016, la Commission Européenne a établi un groupe d’experts de haut-niveau (HLEG) sur la finance durable avec pour objectif de proposer une feuille de route pour améliorer la durabilité du système financier. La création de ce groupe fait suite aux nombreuses initiatives lancées depuis 2015 et à la signature de l’Accord de Paris et du Programme de développement durable à l’horizon 2030. Le rôle crucial que le secteur financier doit jouer pour atteindre les objectifs de ces deux accords internationaux a été mis sur le devant de la scène – ainsi l’Accord de Paris pose comme objectif central d’aligner tous les flux financiers sur une trajectoire de développement bas-carbone et résiliente au changement climatique (Article 2.1(c)).

En pratique, réussir un développement durable, bas carbone et resilient au changement climatique va nécessiter de modifier de manière substantielle comment l’économie réelle et le système financier mènent leurs activités. Dans ce rapport intérimaire, le HLEG considère le changement climatique comme un défi pressent qui peut servir ensuite d’exemple sur la manière de réaliser l’agenda plus large de développement durable. Le rapport approche les enjeux de finance durable d’un point de vue à la fois ascendant et descendant, d’un côté en identifiant les changements possibles et souhaitables à l’intérieur du système financier, et de l’autre en esquissant des pistes sur les rôles que pourraient jouer la réglementation financière européenne et les participants clés du marché pour améliorer la durabilité du système financier. La place des Banques Centrales dans ce processus pourrait être davantage étudié et détaillé dans les recommandations finales de ce groupe d’experts qui sortiront à la fin de l’année.

Nous sommes tout à fait d’accord et soutenons l’accent mis dans ce rapport sur le double impératif de :

  • D’un côté améliorer la contribution de la finance à une croissance durable et inclusive, et en particulier dans le financement des investissements à long-terme dans l’innovation et les infrastructures et l’accélération de la transition vers une économie bas-carbone et efficace en ressources.
  • De l’autre renforcer la stabilité financière et améliorer l’évaluation des actifs financiers, notamment en améliorant la prise en compte des risques de long-terme et des leviers intangibles de création de valeur, dont ceux liés aux enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG).

Les recommendations préliminaires du HLEG  vont dans la bonne direction. La deuxième étape du travail du groupe sera néanmoins essentielle pour s’assurer que les régulateurs et acteurs financiers seront capables de dépasser l’adage bien connu « le diable est dans les détails ».

I4CE a contribué à ce processus en alimentant de notre expertise notre Président, Pierre Ducret, qui participe au HLEG en tant qu’observateur pour le Club des Investisseurs Européens de Long-terme. Nous continuerons d’apporter des contributions aux discussions pour préciser davantage le « quoi » et surtout avancer maintenant concrètement sur le « comment ».

Le travail d’I4CE sur le marché des obligations vertes se concentre sur la question d’une amélioration de la contribution de ces instruments financiers au financement de la transition bas-carbone et de leur intégrité environnementale. Ce travail peut offrir des idées sur comment encourager la création et le financement d’actifs verts, tout en s’assurant de leur qualité.

Nos publications récentes sur pourquoi il est impératif pour le secteur financier de mieux comprendre ses risques de transition climatique et d’adopter une stratégie d’alignement de leurs portefeuilles sur un scenario bas-carbone et résilient au changement climatique peuvent apporter des éclairages sur quelles informations devraient être requises dans le reporting extra-financier des acteurs financiers eux-mêmes – mais également des actifs sous-jacents. Ces arguments sont davantage analysés dans le cadre de notre travail au sein de deux consortiums européens de recherche sur les risque climatiques – le projet ET risk sur les risques de transition et le projet ClimINVEST sur les risque climatiques physiques.

Finalement le rapport appelle à la création d’un nouvel Observatoire Européen pour suivre les besoins d’investissements et les flux financiers « verts » au niveau européen et au niveau de chaque Etat membre. Nous appuyons fortement cette recommandation et sommes persuadés que nos cinq années d’expérience dans le suivi des flux financiers climat en France peut informer les réflexions sur le « développement d’un language commun sur les méthodes et outils, pour agréger les données, informer la prise de décision collective et aider à mieux cibler les interventions politiques requises (incluant les fonds publics) en lien avec l’atténuation du changement climatique et l’adaptation ».

I4CE espère pouvoir continuer dans les prochaine semaines et mois à débattre et aider à trouver des solutions concrètes pour rendre les flux financiers « cohérents » avec les objectifs climatiques, pour dépasser les défis socio-économiques auxquels fait face l’Europe d’une manière qui soit réellement durable et acceptable par tous.

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