Transition de l’élevage : gérer les investissements passés et repenser ceux à venir

Accompagner la baisse du cheptel 

Tous les scénarios de transition misent sur la baisse du cheptel des animaux d’élevage pour atteindre les objectifs climatiques. Or en France la plupart des cheptels diminuent déjà. L’enjeu n’est donc pas seulement de poursuivre cette dynamique, mais aussi de l’accompagner pour assurer une transition juste et acceptable aux éleveurs et aux acteurs des filières d’élevage. C’est particulièrement vrai pour la filière laitière.

 

Pour accompagner cette transition, il est nécessaire d’en comprendre les impacts économiques et d’évaluer les différents types de coûts qui y sont associés. Les besoins en investissements pour développer de nouvelles filières, même s’ils nécessiteraient d’être mieux chiffrés, font d’ores et déjà l’objet de discussions dans le débat public et même de financements publics comme les 135 millions d’euros de « prime à la conversion d’agroéquipements » ou encore le volet « protéines végétales » du plan de relance.

 

Or, quand un secteur économique voit son activité baisser, se pose également la question du devenir de ses outils de production actuellement en place et qui vont perdre de la valeur comparativement à un scénario de maintien de l’activité. On parle ici des « actifs à risque ». C’est une question particulièrement prégnante en agriculture puisque les exploitants investissent tout au long de leur vie dans leur exploitation avec la perspective d’une bonne valorisation de celle-ci au moment de sa session, afin de s’assurer une retraite décente.

 

Gérer les actifs à risque

C’est pourquoi I4CE a analysé, dans cette étude, les « actifs à risque » dans l’élevage. Il en ressort que les actifs à risque peuvent être de 3 types. Il peut s’agir d’actifs :

 

  1. surdimensionnés si le niveau d’équipement est largement supérieur à l’utilisation qui en est faite ;
  2. reconvertibles si, modulo des coûts pour les adapter, ils peuvent servir à un nouvel usage ;
  3. échoués, s’ils ne sont plus utilisables et ont perdu toute valeur.

 

 

Notre analyse montre que, parmi l’ensemble des actifs immobilisés sur les exploitations d’élevage, ce sont les bâtiments qui représentent le plus grand risque. Si ces actifs à risque constituent un véritable enjeu à l’échelle individuelle, à l’échelle nationale ils représentent quelques centaines de millions d’euros par an à gérer sur une décennie.

 

Ne pas augmenter le stock d’actifs à risque

Chaque année, plus d’un milliard d’euros de subventions d’investissement sont accordées aux exploitations d’élevage. Pour ne pas contribuer à augmenter le stock d’actifs à risque il est nécessaire de :

 

  1. recalibrer ces aides pour éviter le surinvestissement ;
  2. les réorienter pour s’assurer qu’elles favorisent des outils de production compatibles avec les objectifs de durabilité.

 

 

Pourquoi l’élevage doit faire sa « transition » ? À quoi ressemble-t-elle ? Comment accompagner au mieux cette transition ? Quels sont les autres défis de l’élevage ? En deux minutes, Thomas Bonvillain d’I4CE répond à ces questions et parle de la transition de l’élevage en France.  

 

 

 

Pour aller plus loin
  • 01/03/2024
    Les aides de crise agricoles ne cessent d’augmenter et ce n’est satisfaisant pour personne

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  • 29/02/2024
    Estimation des dépenses publiques liées aux crises agricoles en France entre 2013 et 2022

    Face aux crises climatiques (sécheresses, inondations, gel), sanitaires (grippe aviaire) ou plus globales (COVID-19, guerre d’Ukraine), les aides d’urgence versées au secteur agricoles ont largement augmenté ces dix dernières années pour atteindre plus de 2 milliards d’euros en 2022, c’est ce que montre ce rapport d’I4CE. Si ces aides sont nécessaires, elles sont en revanche satisfaisantes pour personne, ni pour les pouvoirs publics ni pour les agriculteurs.

  • 05/10/2023 Billet d'analyse
    Planification écologique de l’agriculture : regarder par-dessus la haie

    « L’agriculture c’est compliqué ». C’est ce que répondait le Ministre Christophe Béchu lors de la première étape de son tour de France de l’écologie en Bretagne fin septembre, face à un public venu comprendre l’heuristique de la planification écologique annoncée quelques jours plus tôt par le président de la République. Si le projet de loi de finances 2024 propose bien des premières mesures de planification écologique, il laisse de côté les thématiques clés de l’élevage et des habitudes alimentaires. Au-delà du budget de l’État, la planification écologique « à la française » doit mieux se coordonner avec les autres politiques nationales et européennes, et surtout avec la Politique agricole commune (PAC). 

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