Une alimentation plus durable augmente-t-elle le budget des consommateurs ?

14 octobre 2021 - Point Climat - Par : Lucile ROGISSART / Claudine FOUCHEROT

Consommer moins de produits animaux et gaspiller moins allègent le budget, mais augmenter sa consommation de produits bio l’alourdit. Au total, l’adoption d’un régime alimentaire durable augmente ou diminue-t-elle les dépenses des consommateurs ?

 

Si certaines études apportent une réponse tranchée à cette question, celle-ci varie en réalité selon trois facteurs au moins :

 

  • L’ambition du régime alimentaire durable visé : le niveau de substitution entre protéines animales et végétales, la part de produits issus de modes de production durables (qu’on assimile au bio par simplification), et le niveau de réduction des gaspillages ;
  • Les conditions économiques, en particulier le prix des produits bio par rapport aux produits conventionnels ;
  • L’assiette initiale des consommateurs et les prix auxquels ils achètent leurs produits, qui sont fortement corrélés aux revenus.

 

I4CE a développé un calculateur pour mesurer les effets de chacun de ces facteurs sur le budget alimentaire des ménages. Selon le niveau de ces paramètres, la transition vers un régime alimentaire plus durable peut constituer un gain de 30 % comme représenter une dépense supplémentaire de 67% du budget alimentaire initial du consommateur. Les personnes aux revenus les plus faibles sont celles pour lesquelles les surcoûts potentiels sont les plus importants.

 

Aux prix actuels, quelles que soient les réductions des produits animaux et de quantité de gaspillage, consommer majoritairement bio coûte plus cher, surtout pour les ménages les plus pauvres. Le surprix du bio par rapport au conventionnel devrait passer de 65% aujourd’hui à 10% pour que tous les ménages puissent adopter un régime moins carné 100% bio sans augmenter leur budget.

 

Si une forte consommation de produits bio est visée, des politiques publiques doivent donc gérer la tension entre des prix rémunérateurs pour les pratiques durables des agriculteurs, et une augmentation des dépenses alimentaires acceptable pour les ménages.

 

Cliquez sur ce bouton pour voir l’infographie

 

Lucile Rogissart d’I4CE vous présente en deux minutes ce qu’est une « alimentation durable » et les principaux enseignements de l’étude à laquelle elle a participé.

 

Une alimentation plus durable augmente-t-elle le budget des consommateurs ? Télécharger
Voir les annexes
Contacts I4CE
Lucile ROGISSART
Lucile ROGISSART
Chercheuse – Financement de la transition agricole, Alimentation Email
Pour aller plus loin
  • 23/01/2026
    Financer les changements de pratiques dans les secteurs agricoles et forestiers au niveau européen : ne pas sous-estimer les défis

    Dans un contexte économique et politique difficile, en particulier pour le secteur agricole, et à l’heure où les contraintes réglementaires et fiscales sont remises en cause, certains dispositifs incitatifs peuvent néanmoins contribuer à fédérer les acteurs dans des démarches de transition et de résilience. C’est par exemple le cas des démarches de certification carbone, qui permettent à la fois d’assurer la crédibilité de l’impact climatique des actions mises en œuvre, mais également la rémunération des agriculteurs et forestiers pour les changements de pratiques. Certaines d’entre elles, comme le remplacement d’engrais minéraux (majoritairement importés) par des engrais organiques, contribuent également à répondre aux besoins de résilience et d’indépendance stratégique du secteur, cruciales dans le contexte actuel.  

  • 16/01/2026
    MACF et engrais : sanctuariser des budgets pour aider les agriculteurs à réduire leur usage d’engrais minéraux

    Le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) est entré en application au 1e janvier 2026. Il s’agit d’une taxe carbone aux frontières de l’Union européenne sur les importations de certains produits industriels couverts par le marché d’échange de quotas européens. Les engrais minéraux azotés font partie de cette première liste de produits. Afin d’éviter une hausse des charges pour les agriculteurs concernés, le niveau de la taxe a été réduit pour les engrais, et ceux-ci pourraient même être temporairement exclus du périmètre du MACF. Pourtant, pour le climat, mais aussi pour l’indépendance stratégique et la souveraineté alimentaire de la France, le MACF devra finir par s’appliquer pleinement aux engrais minéraux. Pour limiter voire éviter une hausse des dépenses d’engrais des agriculteurs, il faut des politiques publiques, dont certaines sont actuellement menacées. Sanctuariser des budgets pour ces politiques serait un moyen de soutenir le revenu des agriculteurs et la souveraineté alimentaire de l’Union européenne et de la France, tout en réduisant l’empreinte carbone de notre alimentation.

  • 02/06/2025
    Le Label Bas-Carbone : quel bilan après 6 ans d’existence ?

    Après 6 ans de Label Bas-Carbone, cette étude vise à faire le point sur ce dispositif et ses projets : quelles activités sont mises en place sur le terrain, pour quel impact climatique, avec quelle robustesse ou au contraire quelles limites en termes de mesure, d’intégrité environnementale, d’accessibilité… ? Cet exercice vise également à alimenter le processus d’amélioration continue du dispositif et cette expérience sera utile aux travaux sur le cadre de certification carbone de l’Union européenne.

Voir toutes les publications
Contact Presse Amélie FRITZ Responsable communication et relations presse Email
Inscrivez-vous à notre liste de diffusion :
Je m'inscris !
Inscrivez-vous à notre newsletter
Une fois par semaine, recevez toute l’information de l’économie pour le climat.
Je m'inscris !
Fermer