Les limites des engagements climat volontaires des acteurs financiers privés

15 décembre 2022 - Point Climat - Par : Michel CARDONA

La finance privée ne financera pas la transition sans un engagement plus fort des pouvoirs publics

  • Depuis plusieurs années, et particulièrement depuis la COP 26, beaucoup d’attention et de temps ont été consacrés aux engagements volontaires des acteurs financiers privés. Pris dans le cadre d’initiatives internationales, ces engagements doivent en principe permettre de mobiliser la finance privée au profit de la transition vers une économie neutre en carbone.

 

  • Mais ces initiatives se heurtent à des obstacles structurels puissants qui limitent leur efficacité. Si elles sont utiles et doivent être encouragées, il ne faut pas attendre de ces initiatives plus qu’elles ne sont en mesure de faire de manière réaliste. En effet, si elles peuvent accompagner les acteurs de l’économie réelle déjà engagés dans la transformation de l’économie, elles ne sont pas à même d’apporter une contribution plus déterminante à la transition.

 

  • Ce constat conduit à appeler à un engagement plus fort des pouvoirs publics. Comme pour les autres agents économiques, un tel engagement sera indispensable pour mobiliser la finance privée au profit d’une transition rapide et ordonnée.

 

À entendre les déclarations faites par Mark Carney à la COP 26, la Glasgow Financial Alliance for Net Zero – GFANZ – une coalition volontaire inédite de 500 acteurs financiers avec 130 trilliards de dollars d’actifs – avait vocation à changer la donne en matière de financement de la transition vers une économie neutre en carbone. Peut-on vraiment se reposer principalement sur cette approche volontaire ? La réponse présentée dans ce Point Climat est négative. Certes, ces initiatives sont portées par des personnes réellement engagées en faveur de la transition et elles sont utiles.

 

Mais il ne faut pas trop attendre de ces initiatives pour mobiliser les acteurs financiers privés en faveur de la transition en raison des limitations intrinsèques à leur efficacité. Au contraire, une approche basée prioritairement sur un engagement fort des pouvoirs publics paraît indispensable.

 

Cet engagement public doit s’appuyer sur une large palette d’instruments parmi lesquels figure la réglementation financière dont le rôle est incontournable s’agissant des acteurs financiers.

 

Une première section analyse ce que l’on peut attendre de manière réaliste des acteurs financiers pour financer la transition.

 

La deuxième section présente les raisons pour lesquelles les initiatives privées volontaires ne peuvent jouer un rôle déterminant en dépit du volume impressionnant des actifs gérés par les acteurs ayant pris ces engagements. La troisième section revient sur le rôle déterminant des pouvoirs publics pour mobiliser la finance privée.

 

 

Ce rapport fait partie du projet Finance ClimAct et a été réalisé avec la contribution du programme LIFE de l’Union européenne. Ce travail reflète uniquement les opinions de I4CE – Institute for Climate Economics. Les autres membres du Consortium Finance ClimAct et la Commission européenne ne sont pas responsables de l’usage qui pourrait être fait des informations qu’il contient.

 

 

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Michel CARDONA
Expert associé senior - Secteur financier, Risques et Changement climatique Email
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